mercredi 21 août 2013

Sorcières (1)


Le patriarcat tue (les femmes) !

Dans un fascicule [réédité par les éditions Cambourrakis], Sorcière, sages-femmes et infirmières (une histoire de femmes soignantes) par Barbara Ehrenreich et Deirdre English, petite somme érudite éditée en 1973 sur la naissance de la médecine « officielle », nous mesurons l’ampleur de la persécution organisée des femmes par les hommes de pouvoir entre le XIVème et le XVIIème, âge d’or de l’Inquisition. Je n’ai jamais eu l’occasion de trouver nulle part ailleurs de tels chiffres.

Extraits.


 HARO SUR LES SORCIÈRES 

L’époque des chasses aux sorcières s’étend sur plus de quatre siècles (du 14e eu 17e) de l’Allemagne à l’Angleterre. Elles sont nées sous le féodalisme et se sont poursuivies - gagnant en virulence – bien avant « l’âge des Lumières ». Cette obsession de la sorcellerie prit différentes formes à différentes époques et à différents endroits, mais ne perdit jamais son caractère essentiel : celui d’une campagne de terreur menée par la classe dirigeante contre la population paysanne féminine. Les sorcières représentaient une menace politique religieuse et sexuelle pour les Églises, aussi bien catholique que protestante, ainsi que pour l’État.
L’étendue de cette obsession est étonnante : à la fin du 15e siècle et au début du 16e, il y eut des milliers et des milliers d’exécutions. Les sorcières étant en général brûlées vives – en Allemagne, en Italie et dans d’autres pays. Au milieu du 16e, la terreur s’étendit à la France et puis enfin à l’Angleterre. Un auteur a estimé le nombre des exécutions à environ 600 par an dans certaines villes allemandes – soit deux par jour « dimanches exceptés ». 900 sorcières furent exécutées dans la région de Wertzberg, et 1000 dans et autour de Côme. A Toulouse, 400 furent mises à mort en un jour. Dans l’évêché de Trêves, en 1585, deux villages furent laissés chacun avec un seul habitant de sexe féminin. Beaucoup d’auteurs ont estimé le nombre total des exécutions de l’ordre de plusieurs millions. Les femmes constituaient quelques 85% des gens exécutés – vieilles femmes, jeunes femmes et enfants.
[Ces exécutions] suivaient des procédures juridiques méthodiques. Les chasses aux sorcières étaient des campagnes bien organisées lancées, financées et réalisées par l’Église et l’État. Pour les chasseurs de sorcières aussi bien catholiques que protestants, l’ouvrage de référence incontesté pour savoir comment conduire une chasse aux sorcières était le Malleus Maleficarum ou Marteau des Sorcières, écrit en 1484 par les Révérends Kramer et Sprenger (les « fils chéris » du pape Innocent VIII). Pendant trois siècles, ce livre sadique resta sur la table de chaque juge, de chaque chasseur de sorcières.

Moi, j’appelle ça un massacre, à tout le moins un crime contre l'humanité. Et j’attends que l’Église présente sa sincère repentance.

Vous reprendrez bien une deuxième couche ?


1 commentaire:

  1. Le livre a été réédité par les éditions Cambourrakis
    http://www.violetteandco.com/librairie/spip.php?article760
    http://www.cambourakis.com/spip.php?article550

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...