jeudi 10 août 2017

L'Apocalypse de Jean



N. Kalmakoff


C’est un thème récurrent (et même drôlement décapant) dans ma vie.


Ci-dessous et dans cet ordre : une petite définition de cette chouette notion qu’est l’Apocalypse, un résumé aussi vivant que j'ai pu, un lien Wikisource vers le texte complet et enfin une (large) sélection des passages les plus saisissants.

Bonne lecture !




 St John the evangelist on Patmos -
Cosmè Tura (1470)
L’Apocalypse de Jean a été rédigée aux alentours du Ier siècle de notre ère, c’est-à-dire à la naissance du christianisme, sous le règne de l'empereur romain Domitien. Le temps des martyrs va bientôt commencer…

Je ne m'étendrai pas sur ses origines, polémiques de A à Z : son auteur n'est pas vraiment identifié, sa datation est approximative et les persécutions dont se plaint ce Jean et qui seraient à l'origine de l'écriture de ce texte ne sont pas tout à fait avérées.

Malgré tout, ce texte est un des canons de la Bible, plus précisément le dernier livre du Nouveau Testament. Il fait ainsi partie du plus grand best seller de tous les temps et donc de notre culture judéo-chrétienne : même si vous ne l’avez pas lu, vous savez grosso modo de quoi il retourne… En vrai, des tas de bouquins encore plus vieux que ça portent ce nom, parce que c’est un genre littéraire. Et c’est aussi devenu un nom commun, avec la force du temps.

J’adore la définition que nous donne le Littré… (et les occasions toujours surprenantes que se donne depuis tant de siècles le patriarcat pour vexer les femmes) (rien d’étonnant en fait : Babylone est souvent représentée par une pute et justement, là, avant la fin de cet article, Babylone va brûler)

Apocalypse 
(a-po-ka-li-ps') s. f. 
l Livre canonique qui contient les révélations faites à saint Jean dans l'île de Patmos. Des monstres plus affreux que toutes les bêtes de l'Apocalypse, [Hamilton, Gramm. 11] 
l Style d'Apocalypse, style obscur. 
l Fig. C'est le cheval de l'Apocalypse, se dit d'une mauvaise haridelle. 
 HISTORIQUE 
XIIIe s. 
De bele taille la devis [je la vois] ; Mès ung poi fu pale de vis ; Et resembloit, la pute lisse, Le cheval de l'Apocalipse, [la Rose, 12263] 
 ÉTYMOLOGIE 
Ἀποϰάλυψις, de ἀπὸ, indiquant séparation, et de ϰαλύπτω, cacher ; mot à mot, dé-ca-cher, autrement dit, découvrir, révéler. 

Le terme apocalypse est devenu synonyme de fin des temps, parce que les textes apocalyptiques ont en commun de décrire la fin du monde. Par extension, ce mot qualifie les situations violentes, sidérantes et désordonnées, type guerre, catastrophe naturelle ou repas de famille.

L’Apocalypse de Jean est un classique parmi d’autres : le genre apocalyptique comprend de nombreux textes, produits depuis 8000 ans et issus primitivement de la culture juive. Pour autant, ce genre ne se rattache à aucune culture ou doctrine spécifique tant il contient des œuvres d’origines aussi diverses que variées. La plupart des cultures possèdent une apocalypse, tout comme elles possèdent une cosmogonie.

La littérature apocalyptique — dont l’Apocalypse de Jean constitue un modèle du genre — constitue un genre littéraire ancien qui apparaît probablement à l'époque de l'exil à Babylone — au VIe siècle av. J.-C. — avec les textes d'Ézéchiel, de Joël et de Zacharie avant de s'épanouir avec Daniel (vers 165 av. J.-C.) qui sert de modèle à l’Apocalypse de Jean mais aussi aux apocalypses apocryphes juives et chrétiennes ou encore aux textes apocalyptiques de Paul de Tarse.


Dans les littératures juives et chrétiennes, le genre de ces écrits se définit par certaines relations entre leur forme, leur contenu et leur fonction sans qu'ils appartiennent pour autant à un mouvement ou un milieu particuliers. Ils ne témoignent d'aucun courant théologique spécifique et peuvent véhiculer des idéologies très éloignées, voire opposées et, s'ils présentent une grande diversité, ont néanmoins en commun un goût prononcé pour l'allégorie ainsi que pour le symbolisme. 

Source : Wikipédia

Une Apocalypse, c’est donc un texte bourré de métaphores frappantes, empreint de religiosité judéo-chrétienne et toujours prophétique, qui se veut révélée par une entité divine et consignée par le voyant (ici l’Apôtre Jean).

En réalité (et en dépit de tout le respect que j’ai pour les gens qui ont des visions), le genre apocalyptique n’est jamais innocemment halluciné et bêtement mystique : c’est comme un film de SF avec des gentils qui tuent les méchants. C’est une manière éminemment divertissante de donner son point de vue et de le déclarer supérieur à tout autre. C’est la puissance de l’allégorie, qui s’allie la force de pénétration d’une pensée religieuse (ici la chrétienté naissante) et le pouvoir galvanisant des mots et de la métaphore. Tout en promettant la mort à vos ennemis, alors, what else ?

Une Apocalypse dit que bientôt, les gentils seront vengés, martyrs, mourrez en paix (et restez patients). Il semble que ce soit du miel à l’oreille de beaucoup (trop) d’humains.

J’en retiens qu’une Apocalypse est un texte de propagande politique violent. Peuchère. L’Apocalypse de Jean décrit une looooooongue purge. Et pas rigolote, hein, brutale mais pas exactement rapide. J’te résume vite fait.


Le Quatrième Cavalier -
Tapisserie de l'Apocalypse
d'Angers (1382)
Apocalypse : scénario de base

Tout d’abord les Humains sont prévenus. Dieu dit : j’arrive. Il explique un peu les bases d’une Apocalypse, comme ça personne n’est surpris et en même temps, sacré suspens : Dieu dit-il vrai ? Il faudrait déjà qu’il existe ! Ah ah !

Ensuite, l’Agneau immolé, qui est l’image de l’Être Pur victime de son pacifisme, ouvre les 7 sceaux qui libèrent les 4 cavaliers de l’Apocalypse : la conquête, la guerre, la famine, la maladie. L'ouverture des sceaux suivants libère la vengeance des martyrs, les catastrophes naturelles et…

Là, petite pause : 144 000 justes seront épargnés, que Dieu marque de son sceau dans la foulée.

Le Jugement, vingtième lame
du Tarot.
Le septième sceau est ouvert par l’Agneau : ce sont les trompettes de l’Apocalypse, elles-mêmes au nombre de 7 : la première brûle la terre sous une grêle de feu, la seconde précipite une météorite dans la mer, la troisième une étoile qui empoisonne les fleuves, la quatrième éteint les astres, lune et soleil compris, la cinquième répand une nuée de sauterelles, la sixième libère des anges vengeurs et la septième toute une série de démons, de faux prophètes, de prostituées et d’anges malsains décidés à tromper un maximum d’entre nous et à nous livrer à l’abîme en nous marquant du sceau de la Bête.

Bon. Mais c’est pas fini. Car là, Dieu récolte sa colère (je kiffe cette image) sur toute la terre et il en fait du vin (coup de génie quand même) dont il remplit 7 coupes.

La putain de Babylone -
William Blake (1809)
Les 7 coupes sont déversées sur l’Humanité par 7 anges : la première colle un « ulcère malin » à ceux qui sont marqués du sceau de la Bête, la deuxième empoisonne la mer (encore), la troisième empoisonne les fleuves (again), la quatrième rend le soleil insoutenablement brûlant (alors qu’il l’a éteint un peu avant, mais bon, je dis ça je dis rien), la cinquième plonge le monde dans les ténèbres (avec un soleil qui brille plus, donc), la sixième tarit l’Euphrate pour permettre aux rois de la terre de se rassembler en un même lieu : Harmaguedon. La septième coupe déclenche un monumental tremblement de terre après lequel plus aucun fleuve et aucune montagne n’est à sa place.

Babylone, cette salope, n’est plus. Un fringant chevalier blanc nommé Fidèle arrive et tue la Bête. Pour 1000 ans, pendant lesquels les 144 000 justes peuvent profiter du fait d’être des justes, peinards.

1000 ans plus tard la Bête revient mais on lui refait sa fête et cette fois pour de bon : c'est le jour de Colère. Tous les morts sont enfin jugés.

Tout est enfin tout neuf : sur la terre méconnaissable ne reste plus que l’épouse de l’Agneau, belle et raisonnable : Jérusalem.

des Saintes Écritures - Henri Dunant (1890)
C’est un scénario du feu de dieu ou je ne m’y connais pas ! C’est oulioudien : avec des effets spéciaux cosmiques, des décors grandioses (Babylone vs Jérusalem) des bons et des méchants bien identifiés (ceux qui sont marqués du sceau de dieu vs ceux qui sont marqués du sceau du diable), un minutage soigneux des rebondissements et une valeur centrale susceptible de flatter n’importe qui : la foi en ses propres valeurs. Tout le monde peut tirer l’Apocalypse à soi, même les athées.

Bref, c’est une sacrée histoire… Quant à son aspect prophétique… C’est facile. J’avais moins de 10 ans quand j’ai compris qu’on pouvait tout comparer et établir toute vérité que l’on veut établir en mettant en relation deux choses, n’importe lesquelles. Je me souviens, ce jour-là, pour démontrer ce que je venais de comprendre à ma mère, j’ai pris le premier objet qui me passait sous la main (une orange) et j’ai fait une métaphore philosophique sur la vie (la vie, c’est comme une orange parce que… 10000 réponses possibles). Ça marche avec tout, l’être humain est fait comme ça : il adore les symboles, il cherche du sens et puis aussi la vie est comme ça : y a tout dans tout. Au final, ce qui fait la différence entre une affirmation douteuse et une affirmation moins douteuse, ce sont les heures d’étude sur la question et l’honnêteté intellectuelle avec laquelle vous avez poursuivi cette étude.

Or, l’honnêteté intellectuelle, par définition, ne trouve pas sa place dans un débat sur la colère de dieu. Encore moins dans un scénario de SF. C’est parce que tout le monde a raison selon son point de vue, c’est parce que tout est vrai en soi, que jamais personne n’est d’accord sur cette planète. C’est déjà vrai pour les choses que l’on voie, que l’on touche, que l’on devrait pouvoir PROUVER scientifiquement, mais alors, pour parler de l’avenir et de dieu, ça devient carrément un pur exercice de l’esprit. Par exemple, si je te dis que si j’étais dieu, personnellement, je serais hyper posay, tu peux facilement remettre en cause mon affirmation et aussi tu peux facilement y adhérer. C’est ce qui fait qu’en lisant l’Apocalypse, on a l’impression que la fin des temps a commencé : elle « parle » à n’importe qui, elle exploite des symboles et des angoisses universelles. C’est comme des vieux chaussons : c’est confort, c’est compréhensible, mais ça sent des pieds quand même. C’est comme cette métaphore.

D’ailleurs, l’intérêt est là, je pense : ça donne à manger à l’esprit pour aborder des mystères pas fastoches à résoudre. Je lis l’horoscope, je tire le tarot et j’étudie l’Apocalypse parce que mon esprit a faim de compréhension et d’universalité. Pour faire le tri parmi ce qui s’offre à mon esprit, pour reconnaître le vrai du faux j’ai tendance à chercher « ce qui existe depuis toujours », ce qui est vrai partout et tout le temps. J’aime bien aller à la racine des choses, comprendre comment on en est arrivés là. L’Apocalypse fait partie de ces racines fondamentales. Je ne l’avais pas lue il y a deux semaines, mais elle m’a parue si familière… Ma culture vit sur ce texte depuis 2000 ans ! Je suis préparée à l’Apocalypse parce que depuis 2000 ans, on l’écrit, on la réécrit, on la rêve, on la craint, on ne me parle que de ça en réalité.

Je te propose d’en lire le texte, tu verras comme c’est facile ! Tu connais déjà tout !




Scene from the ApocalypseFrancis Danby (1829)


Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises. … Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. … Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.… Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis. Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or. Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu. Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d’yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d’un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole.

L'agneau de dieu - Basilique Santi Cosma e Damiano à Rome (VIème siècle)

Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.


Les quatre cavaliers de l'Apocalypse - Viktor Vasnetsov (1887)

Je regardai, quand l’agneau ouvrit un des sept sceaux, et j’entendis l’un des quatre êtres vivants qui disait comme d’une voix de tonnerre : Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. Quand il ouvrit le second sceau, j’entendis le second être vivant qui disait : Viens. Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d’enlever la paix de la terre, afin que les hommes s’égorgeassent les uns les autres ; et une grande épée lui fut donnée. Quand il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième être vivant qui disait : Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance dans sa main. Et j’entendis au milieu des quatre êtres vivants une voix qui disait : Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d’orge pour un denier ; mais ne fais point de mal à l’huile et au vin. Quand il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième être vivant qui disait : Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval d’une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l’accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. Je regardai, quand il ouvrit le sixième sceau ; et il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu’un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes. Le ciel se retira comme un livre qu’on roule ; et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places. Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l’agneau ; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ?

Après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre ; ils retenaient les quatre vents de la terre, afin qu’il ne soufflât point de vent sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. Et je vis un autre ange, qui montait du côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant ; il cria d’une voix forte aux quatre anges à qui il avait été donné de faire du mal à la terre et à la mer, et il dit : Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël… Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d’environ une demi-heure. Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données. Et un autre ange vint, et il se tint sur l’autel, ayant un encensoir d’or ; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône. La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l’ange devant Dieu. Et l’ange prit l’encensoir, le remplit du feu de l’autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre. Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. Le premier sonna de la trompette. Et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang, qui furent jetés sur la terre ; et le tiers de la terre fut brûlé, et le tiers des arbres fut brûlé, et toute herbe verte fut brûlée. Le second ange sonna de la trompette. Et quelque chose comme une grande montagne embrasée par le feu fut jeté dans la mer ; et le tiers de la mer devint du sang, et le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des navires périt. Le troisième ange sonna de la trompette. Et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme un flambeau ; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile est Absinthe ; et le tiers des eaux fut changé en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent par les eaux, parce qu’elles étaient devenues amères. Le quatrième ange sonna de la trompette. Et le tiers du soleil fut frappé, et le tiers de la lune, et le tiers des étoiles, afin que le tiers en fût obscurci, et que le jour perdît un tiers de sa clarté, et la nuit de même.

L'Ange de l'Abîme - Nicolas Kalmakoff (1916?)

Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d’une grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits. De la fumée sortirent des sauterelles, qui se répandirent sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir comme le pouvoir qu’ont les scorpions de la terre. Il leur fut dit de ne point faire de mal à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’avaient pas le sceau de Dieu sur le front. Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois ; et le tourment qu’elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion, quand il pique un homme. En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas ; ils désireront mourir, et la mort fuira loin d’eux. Le premier malheur est passé. Voici il vient encore deux malheurs après cela. Le sixième ange sonna de la trompette. Et j’entendis une voix venant des quatre cornes de l’autel d’or qui est devant Dieu, et disant au sixième ange qui avait la trompette : Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve d’Euphrate. Et les quatre anges qui étaient prêts pour l’heure, le jour, le mois et l’année, furent déliés afin qu’ils tuassent le tiers des hommes. Le nombre des cavaliers de l’armée était de deux myriades de myriades : j’en entendis le nombre. Et ainsi je vis les chevaux dans la vision, et ceux qui les montaient, ayant des cuirasses couleur de feu, d’hyacinthe, et de soufre. Les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions ; et de leurs bouches il sortait du feu, de la fumée, et du soufre. Le tiers des hommes fut tué par ces trois fléaux, par le feu, par la fumée, et par le soufre, qui sortaient de leurs bouches.… Le second malheur est passé. Voici, le troisième malheur vient bientôt. Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient : Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; et il régnera aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre vieillards, qui étaient assis devant Dieu sur leurs trônes, se prosternèrent sur leurs faces, et ils adorèrent Dieu, en disant : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant, qui es, et qui étais, de ce que tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. Les nations se sont irritées ; et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre, et une forte grêle.


La femme de l'Apocalypse - Peter  Paul Rubens (1630)
Le Grand Dragon Rouge
et la Femme vêtue de soleil -

William Blake (1805)



Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l’enfantement. Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c’était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu’elle aurait enfanté. Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit.  Malheur à la terre et à la mer ! car le diable est descendu vers vous, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps. Quand le dragon vit qu’il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l’enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu’elle s’envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent. Et, de sa bouche, le serpent lança de l’eau comme un fleuve derrière la femme, afin de l’entraîner par le fleuve. Et la terre secourut la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche. Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre aux restes de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. … Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort ; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête ; ils adorèrent la bête, en disant : Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.… Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. … Je regardai, et voici, l’agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts.… Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille, et moissonne ; car l’heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante. Et un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l’autel, et s’adressa d’une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant : Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre ; car les raisins de la terre sont mûrs. Et l’ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu.

Moisson et Vendange eschatologique - Beatus de l'Escorial (955)

Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et admirable : sept anges, qui tenaient sept fléaux, les derniers, car par eux s’accomplit la colère de Dieu.… Et les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple, revêtus d’un lin pur, éclatant, et ayant des ceintures d’or autour de la poitrine. Et l’un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles.... Le premier alla, et il versa sa coupe sur la terre. Et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image. Le second versa sa coupe dans la mer. Et elle devint du sang, comme celui d’un mort ; et tout être vivant mourut, tout ce qui était dans la mer. Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eaux. Et ils devinrent du sang.… Le quatrième versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ; et les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l’autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres ; et les hommes se mordaient la langue de douleur, et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs œuvres. Le sixième versa sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. Et son eau tarit, afin que le chemin des rois venant de l’Orient fût préparé. Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant.

La tour de Babel - Joos de Momper (XVIIème)

Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu HarmaguédonLe septième versa sa coupe dans l’air. Et il sortit du temple, du trône, une voix forte qui disait : C’en est fait ! Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement de terre, tel qu’il n’y avait jamais eu depuis que l’homme est sur la terre, un aussi grand tremblement. Et la grande ville fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombèrent, et Dieu, se souvint de Babylone la grande, pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère. Et toutes les îles s’enfuirent, et les montagnes ne furent pas retrouvées. Et une grosse grêle, dont les grêlons pesaient un talent, tomba du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était très grand.


The Great Day of His Wrath - John Martin (1853)

Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande autorité ; et la terre fut éclairée de sa gloire. Il cria d’une voix forte, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, et que les rois de la terre se sont livrés avec elle à l’impudicité, et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe.… Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice.… Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées rassemblées pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre.

Saint Michel terrassant le démon -
Raphaël (1518)
La destruction du Leviathan - Gustave Doré (1865)


Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ansIl le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes ; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection.… Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. 
Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus. La terre et le ciel s’enfuirent devant sa face, et il ne fut plus trouvé de place pour eux. Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres. La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux ; et chacun fut jugé selon ses œuvres. Et la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu. Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu.

Le Jugement dernier - Michel Ange, Chapelle Sixtine (XVIème siècle)

Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m’adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai l’épouse, la femme de l’agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu.… Les douze portes étaient douze perles ; chaque porte était d’une seule perle. La place de la ville était d’or pur, comme du verre transparent. Je ne vis point de temple dans la ville ; car le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple, ainsi que l’agneau. La ville n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’éclaire, et l’agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront point le jour, car là il n’y aura point de nuit. On y apportera la gloire et l’honneur des nations. Il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge ; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’agneau. Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.


 
Jerusalem Céleste - Apocalypse figurée des Ducs de Savoie



Ça fait bizarre, hein? Tout le monde est d’accord pour dire qu’il ne faut pas prendre ce texte au premier degré, n’empêche, c’est au premier degré qu’il est le plus sympa - et facile - à imaginer. En mettant de côté les apparitions de type monstrueux, on voit tout à fait à quoi ressemblerait une montagne qui tombe dans la mer ou le soleil qui se met à brûler plus fort (alors qu’on ne voit pas bien à quoi peut ressembler la moisson de la colère de dieu). On l’a déjà vu à la télé, je veux dire. Tu lis « ulcère malin », tu comprends « cancer », tu connais les tsunamis, les tremblements de terre et les hommes qui s’entretuent par cupidité.

En gros : on a l'impression que c’est l’Apocalypse depuis 2000 ans, non ?

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...