lundi 21 novembre 2016

Andrée Chedid





Parce que c’est, de toutes celles qui ne me parlent pas d’amour, celle que je préfère. Parce que sa production est impressionnante. Parce qu’elle a connu le monde. Et parce que Wikipedia fait CE descriptif de son œuvre. Je te prie de bien observer les ponctuations majuscules s’il te plait.


« Son œuvre est un questionnement continuel sur la condition humaine et les liens entre l’homme et le monde. Andrée Chedid, dans toute son œuvre, célèbre la vie tant aimée, tout en ayant une vive conscience de sa précarité. Elle encourage chaque homme à accepter l’altérité. »


Non, moi non plus je ne vois pas de H majuscule à « homme » alors que de toute évidence, il s’impose. Andrée Chedid n’a pas passé sa vie à questionner l’existence de l’homme, ah ah, elle l’a passée à questionner sa place dans l’univers, sa place d’humaine. Et on nous parle d’altérité, sinon. Si mon amie wikipedia commet cet impair, c’est bien parce qu’Andrée Chedid était plus humaine que femme, du coup on peut la confondre avec un homme (d’ailleurs, t’as vu, elle s’appelait Andrée, de la racine grecque andros, l’homme). Tout ça parce qu’elle ne dégouline pas d’amour à longueur de vers. Avec elle, la poésie n’est pas « romantique », elle est un chemin de pensée, fluide et clair. Elle t’emmène loin en toi. La lecture de son œuvre te soulagera de tes angoisses les plus profondes. Elle trouve les mots pour toi des réponses que tu cherches depuis toujours. Ce qui a rendu possible l’existence de cette œuvre, c’est indéniablement le contexte dans lequel la belle a pu fleurir.


Elle fut ce que nous appellerions aujourd’hui une migrante, née au Caire le 20 mars 1920 de parents tous deux d’origine libanaise. Elle est instruite dans les écoles égyptiennes puis françaises, avant d’entrer à l’Université américaine du Caire. Munie d’un diplôme de journalisme, mariée à Louis Selim Chedid, ancien directeur du Centre de Recherche scientifique et professeur honoraire de l’institut Pasteur, grande voyageuse, elle a joui toute sa vie d’une très certaine liberté d’expression et de mouvement.

Voyez, l’amour, ça sert pas seulement à faire des bébés.

Ça sert à respecter l’intelligence d’autrui et lui permettre non seulement d’exister, mais aussi d’apporter tous bienfaits à sa communauté. Il apparaît ici que Mme Chedid a rencontré des personnes qui l’ont aimée : ses parents, puis son mari. Moyennant quoi elle est devenue une humaine et qu’elle brille aujourd’hui dans nos firmaments… Sans presque jamais parler d’amour.

Elle s'est éteinte le 6 février 2011.

Ah oui au fait : Andrée Chedid est la femme de Louis Chedid, et la mère de Matthieu Chedid. J’adore cette femme. Florilège.




« L’impossible est le seul adversaire digne de ce nom. »
(Néfertiti et le rêve d'Akhenaton)



Qui?
Qui se repaît
De ces festins de sang ?
Qui salive
A la vue des ventres bleuis ?
Qui inflige
Ces temps barbares ?
Qui calfeutre
Les fenêtres d'autrui ?
Qui d'un rire sardonique
Ruine nos champs d'espérance ?
Qui?
(Au cœur du cœur)


D’abord,
Efface ton nom
Abolis ton âge
Supprime tes lieux
Déracine ce que tu sembles
Qui reste debout ?
Maintenant,
Ressaisis ton nom
Revêts ton âge
Adopte ta maison
Pénètre ta marche
Et puis…
À n’en plus finir,
Recommence.
(Contre-Chant)



Je chante pour la lune
Et la lune pour l'oiseau
L'oiseau pour le ciel
Et puis le ciel pour l'eau
L'eau chante pour la barque
La barque par ma voix
Ma voix pour la lune
Ainsi recommencera.
Dans la terre et dans l'eau
Ma chanson se perdra
Où le noir est si haut
Ma chanson s'effacera
La lune m'entendit
Et par la lune, l'oiseau
Le ciel m'entendit
Et par le ciel, l'eau
La barque m'entendit
Et par la barque, ma voix
Ma voix m'entendit
Et j'entendis ma voix. »
(Le Sixième Jour)

2 commentaires:

  1. Volu, je t'aime tout court et grâce à toi j'aime Andrée Chedid

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  2. Rien ne peut me faire plus plaisir, tant d'amour dans la même phrase :)

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...