mercredi 1 mai 2013

Anatomie masculine


Nous allons parler, aujourd’hui, de testostérone. Au-delà, pour comprendre les hommes, il faudra se dire que se sont des humains comme les autres.



Voici à quoi ça ressemble, j’imagine ne pas vous en apprendre beaucoup pour le moment (notez l'ingénieux et instructif usage des pointillés).


Pour voir comment ça marche, empruntons le chemin que devrait prendre un spermatozoïde pour pouvoir accomplir son destin.



Vous êtes le spermatozoïde Alfred657934381.

Vous êtes une tête, qui contient vos bagages et qui se déplace au moyen d’une queue, le flagelle. Vous avancez d’ailleurs très vite : 3 mm à la minute ! Vous portez une petite coiffe, l’acrosome rempli d’enzymes qui serviront à dissoudre, si vous ne vous perdez pas en route et gardez un cœur vaillant, l’enveloppe de l’ovule pour y pénétrer. Mais ne hâtons pas les choses.¨


Tout commence dans les bourses. Très important les bourses, c’est un endroit assez fantastique.


Elles contiennent les testicules, ou gonades, qui sont des petites boules aplaties, fermes, enveloppées dans plusieurs épaisseurs : une membrane fibreuse et lisse (l’albuginée), une membrane « vaginale » et enfin la peau. Des muscles assurent leur ascension/rétractation en cas de douleur ou de grand froid.
Il s’y fabrique deux choses (entre autres choses) : les spermatozoïdes (fonction exocrine) et la testostérone (fonction endocrine). Comme chez la femme avec ses ovaires, un seul des deux organes suffit pour assurer tout le boulot. Comme chez elle également, les activités des testicules sont dominées par l’axe hypophyse - hypothalamus, et les mêmes hormones LH, FSH et LH-RH.

La fonction endocrine (production d’hormones) est endossée par les cellules de Leydig, qui sécrètent de la testostérone, mais aussi une faible quantité d’œstrogène. La testostérone est partout décrite et définie ainsi : elle sert à la formation puis au maintien de tous les caractères masculins, par opposition aux caractères féminins. La racine latine testis signifie d’ailleurs… témoin. Les cellules de Sertoli ont aussi un rôle endocrinien : elles produisent l’inhibine, qui participe au « rétrocontrôle hormonal des testicules » et transforment (« aromatisent », dit mon bouquin) l’excès de testostérone en œstrogène.

La fonction exocrine (production de gamètes) est menée à bien par les cellules de Sertoli. La spermatogenèse dure 74 jours.


Les bourses, dans l’abdomen du fœtus, descendent vers l’aine peu avant ou un peu après la naissance. Puis, vers l’âge de 12 ans, coup de kick sur le démarreur, et tout ça s’allume.


Quand son flagelle a fini de pousser, la jeune graine quitte sa petite maison dans les bourses, l’épididyme, par le canal déférent, pour les vésicules séminales. Là, il va attendre qu’on l’éjacule, avec 2 à 6 autres millilitres de ses amis (500 000 000 d’individus au bas mot). Outre la foule, le sperme contiendra également de nombreuses protéines, du fructose, des phosphatases acides, de la carnitine, des globules blancs mais pas ou peu de germes. Le mélange est fait juste à l’instant T, sous vos yeux. Bon appétit !


L’on constate que tout ce petit monde passe et repasse par la prostate (il y passe également l’urètre, le tuyau à pipi), qui a tendance à durcir avec l’âge et gêner les transits.


Si le dosage en testostérone est bien ajusté au taux d’œstrogène de la dame que votre porteur côtoie depuis quelques temps, ça va peut-être le faire : il va conclure (demain).


Notre corps, nous-mêmes, par le Collectif de Boston de la Santé des femmes, Albin Michel 1977.

Petit Larousse de la sexualité, sous la direction du Dr Sylvain Mimoun, Larousse 2007.

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...