samedi 12 novembre 2016

Identités sexuelles


Je pensais que ça pouvait être sympa de revenir sur cette vidéo que j’ai soumise à ta sagacité lors de ma dernière revue d’obsession.


Il s’agit d’un extrait du documentaire (que vous pouvez visionner sur le site TXY) Déshabillez-nous - Ces Messieurs Dames, réalisé par deux de ses protagonistes, Thierry Demaizière et Alban Teurial pour France 3 et diffusé en 2010.

D’abord, je trouve l’idée juste formidable.

Tu en as marre de la binarité (l’art de n’avoir que deux choix) ? Alors passe à la polarité : nous avons bien deux extrémités contraires, mais nous avons aussi, et surtout, une ligne qui les joint : un individu se place où il veut/peut sur cette ligne. Le binaire, on sait à quoi ça sert : au langage informatique. ça dit 0 ou 1, ce qui ne me parait pas être une approche satisfaisante pour décrire la vie et le sexe. Ajouter de la nuance là où on voudrait que les choses soient radicalement simples, ça permet juste d’être tolérant. Je crois savoir que dans la nature, et dans le corps de tous les humains qui sont déjà nés, on a assez d’exemples pour affirmer que le sexe ne se résume pas à mâle/femelle, et encore moins par le schéma judéo-chrétien « papa dans maman ». Je sais pas moi, lisez ça. En plus, là ; on parle de l’humain, un truc diablement compliqué. Un truc polarisé.

Peut-être qu’il en a qui se sentent monolithiques et tout d’un bloc, mais j’ai toujours senti, moi, que je ne suis pas qu’une femme en-dedans de moi. C’est difficile à quantifier, à déterminer exactement, comme sensation, et même si la démonstration de Katie n’est pas d’une grande rigueur philosophique, je la trouve éblouissante. À quel point sommes-nous homme ou femme, finalement ? J’ai sorti mon petit logiciel de dessin et j’ai gribouillé mon schéma perso de mes identités sexuelles. Le (re)voici :



Plusieurs précisions méthodologiques :

1) Pour que nous parlions tous de la même chose, je vais définir les critères donnés. Je vous encourage à me contredire, à spécifier, à ajouter, à corriger, à hurler très fort et taper des pieds si vous voulez (chez vous ou en commentaires).

2) J’ai inversé les pôles… Katie mettait la féminité au centre et la masculinité aux extrémités. Comme je suis très fille dans mon genre, j’obtiens un schéma… peu visible et tout pointu. Donc j’ai inversé, afin que l’on voie ma féminité dans toute sa plénitude, mais aussi pour qu’on voie bien les nuances.

3) Oui, j’ai utilisé du rose pour le féminin. Et du turquoise pour le masculin. J’imagine tout l’arc-en-ciel entre les deux.

4) Quand on me dit « Trie ! » en me donnant juste deux tiroirs, je dis « Pafou ? ». J’l’ai appris à l’école : pour trier (y a tri dedans), faut au moins trois tiroirs. J’l’ai appris dans la vie : tant que j’observe des trucs nouveaux qui ne rentrent décidément pas dans mes trois, quatre, douze, cinq mille tiroirs j’ouvre d’autres tiroirs. Sur un plan moins conceptuel, ça s’appelle la tolérance (l’ouverture) et la reconnaissance. Tu verras que comme base à tiroirs multiples, j’utilise le yin et le yang (parce qu’ils contiennent leurs contraires).


Bien. Petite analyse…


L'Archange Gabriel
par Guido Reni

Dans mon âme… Le sexe de l'âme ? Si on va chercher par là, moi qui pense vivre l’une de mes nombreuses vies, je pense fermement que mon âme est aussi bien homme que femme : elle est humaine. S’il y a un truc polarisé, c’est mon âme ! Mais j’imagine qu’on pourrait soutenir une autre logique (peut-être que tu penses que tu n’as pas d’âme ou que la question t’indiffère), si l’on entendait par « âme » le « noyau » de soi.

Et ben, j’apporterais la même réponse dans tous les cas : je sens bien (et je ne le sais pas d’hier) que j’ai les deux polarités en moi. En fait, mon âme est tout à la fois et j’ai en moi des mémoires d’hommes et des mémoires de femmes. Alors je place le curseur à mi-chemin, entre l’homme et la femme : 50-50.


Dans mes chromosomes… c’est-à-dire mon identité génétique. Là, le domaine est vaste, complexe et largement inconnu de nous. Pour faire simple, Katie parle d’hormones et montre sa calvitie. Vous savez, œstrogène / testostérone… ça on connait assez bien et on a remarqué depuis longtemps que chaque humain porte son propre dosage. Le résultat est surtout visible sur ce que nos scientifiques appellent les caractères sexuels secondaires : tout ce qui différencie le mâle de la femelle d’une espèce et qui ne sert pas directement à la reproduction. On a beau n’avoir retenu que deux options, il y a en fait autant de possibilités que d’écart entre les deux… Il y a une foultitude de raisons pour qu’un humain voient ses hormones ou bien ses caractères sexuels secondaires s’écarter du canon (bien qu’évidemment, ça ne change pas grand-chose à ses chromosomes) ! Il peut être né comme ça (intersexuation ou hermaphrodisme, puberté tardive, affection génétique et pathologies diverses…) ou le devenir (ménopause, andropause, anorexie, sport de haut niveau, habitudes alimentaires…). Ça peut être l’effet secondaire d’un thérapie (les divers usages de la pilule, le traitement contre le cancer de la prostate…) qu’il suit par ailleurs ou encore il a pu le décider (transexualité) ou bien on lui a imposé (castration chimique). En fait, nous sommes très nombreux à ne pas porter visiblement les marques physiques de notre sexe ou à ne pas en porter les hormones... Nous ne pouvons pas faire comme si tous les humains que ça concerne (même s’il n’y en avait qu’un) n’étaient pas des humains avec des droits humains comme n’importe quel humain.

Laverne Cox
Tout de suite on se rend compte que je suis une fille compliquée… Pourtant je suis XX et je porte l’essentiel des caractères sexuels féminins : je suis mince et petite, j’ai le visage fin, un joli grain de peau, les articulations déliées, des hanches et une taille marquées, des (petits) seins, des cheveux bien toniques et une voix relativement caractéristique. Au premier abord, j’ai donc tout l’air d’une femme. Je note quand même deux choses. Tout d’abord, mes caractères sexuels secondaires féminins ne sont pas franchement envahissants : je n’ai pas besoin de porter de soutien-gorge, je me coupe les cheveux rasibus tous les mois et sous un t-shirt, ma taille, mes hanches, mes fesses, il n’y parait plus. En plus, je suis alto et parfois je suis les ténorines. Et d’un autre côté, j’ai un drôle de caractère secondaire masculin, un truc envahissant dans ma vie : les poils. Pas seulement cette petite vacherie au-dessus de ma bouche, qui serait apparemment due à un taux de testostérone non négligeable dans mon moi-dedans, mais aussi le fait (juste symbolique, certes, mais qui a eu la très nette conséquence de me rapprocher du genre masculin pendant de longs mois) que j’ai vécu la perte de mes cheveux (burn out). Disons que je tape à 80%.


Dans mon appareil génital… Là, je pense que Katie parle de nos caractères sexuels primaires : notre appareil reproducteur. A priori, cette catégorie est étroitement liée à la précédente. Et comme précédemment, cette réalité physique a de multiples raisons d’être remise en cause au cours de l’existence d’un individu : son appareil génital peut être modifié pour des raisons thérapeutiques (cancers touchant la sphère sexuelle) d’ « agrément » (eunuques, castrats), ou plus ou moins massivement traditionnelles (excision, repassage des seins, torture)… ça peut relever du choix de l’individu ou lui être imposé par sa communauté (notez que c’est presque toujours imposé, ici - on parle de millions de personnes). Tu penses que ça ne change pas l’identité sexuelle d’une personne de se faire retirer ne serait-ce qu’une partie de son appareil reproducteur ? Bah vas-y, fais-le.

Hommage à Helmut Newton -
Karl Lagerfeld
Là aussi, je suis de prime abord assez jusqu’au-boutiste. Je porte aujourd’hui l’appareil génital que j’avais à la naissance : celui d’une femme. Toute androgyne et ambivalente que je puisse être, je n’ai jamais eu de désir de changer de sexe. J’ai un système reproducteur de type féminin, des cycles menstruels et hormonaux réguliers et je finirais en disant que j’ai mené à terme une grossesse et allaité pendant trois mois. Mon appareil génital a toutefois connu de pénibles revers qui m’ont légèrement rapprochée de celleux qui n’ont pas d’utérus. Je mets 99% parce que je suis une fille précise.


Dans mon état-civil… Je crois que c’est clair pour tout le monde… Vos papiers ! Vous portez dessus la mention inexorable H ou F, 01 ou 02 en première position dans notre numéro de sécurité sociale. Cela a été décidé pour vous à votre naissance, à partir de critères qui, malheureusement, n’ont pas fait leurs preuves. Si vous êtes néE avec des attributs sexuels pas assez clairement établis, les risques sont élevés que vous soyez amputéE de la partie qui a été jugée « en trop » ou que vous ayez été cataloguéE abusivement.

17 octobre 2015, Existrans
Je suis F, 02 pour la sécurité sociale. Je suis une femme. Vous remarquez comme c’est moins intéressant quand il n’y a pas plusieurs tiroirs ?



Dans mon rôle social… Là, on commence à toucher le gros du lourd. Qu’est-ce qu’être une femme ou un homme socialement, et ceci en quelques lignes s’il te plaît ? Avant de définir homme et femme, commençons par « social » : notre rôle social, c’est le rôle que nous jouons chaque jour dans le monde avec nos frères humains. Ce sont nos activités familiales, notre travail, nos loisirs, nos sorties, nos activités associatives etc… On peut aussi ajouter ici l’image que vous renvoyez socialement : les Autres vous perçoivent-ils comme un homme (à côté des virils, les « hommasse » et les « garçons manqués ») ou une femme (à côté des *?* (y a pas le mot, éh !), les « femmelette » et les « comme une fille »…) ? C’est pour ça que c’est dur de définir le sexe social de quelqu’un : bite ou vagin dans vos façons de faire ? Et si vos façons de faire ne correspondaient pas tout à fait à vos intentions profondes ou encore à vos possibilités ? On va devoir parler de genre, c’est sûr ! Comme ici c’est moi qui décide et que j’honnis l’actualité, voilà ce que je propose : utilisons la sagesse ancestrale de Chine, qui nous parle de yin et de yang.

yinyang
noir
(bleu)
 hēiblanc
(rouge)
 bái
sombre
(obscurité)
 ànclair
(lumineux)
 liàng
nuit黑夜 heī yèjour白天 bái tiān
lune yuèsoleil 
hiver
(glace)
 dōngété
(feu)
 xià
nord
(froid)
 běisud
(chaud)
 nán
gauche 'zǔo'droite yoù
terre ciel tiān
femme homme nán
vide plein shí
introversion nèiextraversion wài
passif被動bèidòngactif主動zhǔdòng
pair impair 

C’est-à-dire que je ne vais pas faire une démonstration statistique, je vais juste affirmer que le yin (la femme) est humide, douce, ouverte et nourrissante, et que le yang (l’homme) est sec, dur, intromissif et bâtisseur. Chaque individu porte le yin et le yang en lui : des fois on se sent vagin mou et des fois, on est une vraie bite pleine de couilles. Voilà, en quelques lignes.

Androgyny - Frank Wolf
(1993 - 2013)
Si je fais la liste de mes jobs successifs, alors y a pas photo… femme de ménage, animatrice auprès d’enfants, jeune fille au pair, entraineur de gymnastique rythmique, professeur des écoles… la totale, il me manque juste infirmière et je serais au top sous mon petit plafond de verre, dans le monde bien féminin du care, à m’occuper d’enfants notamment. Je réalise aujourd’hui seulement, tu sais. J’aggrave mon cas sur mon temps libre : je sors peu, je ne bois pas, je fréquente avec beaucoup de circonspection tout ce qui a lieu la nuit. Je fuis la violence physique et toutes les manifestations massives de testostérone. Je déteste être chef mais j’adore le travail en équipe. Je suis une femme, socialement. Pourtant, pourtant… j’ai des ambitions d’entreprenariat, des tripes et des cojones, je ne suis pas maternante mais très paternaliste (t’as remarqué ?), je ne supporte plus les enfants (enfin, les vôtres), je fume, j’ai un petit penchant pour la délinquance, je suis réputée pour la contondance de mes petits poings secs et l’efficacité de mes attaques de tyrannie psychologique. Bref, j’aime faire le quéqué et je pense que ça représente 15% de mon temps social : 85% de féminité.


Dans mes vêtements… Bon, peut-être moins compliqué à définir que la catégorie précédente… Que dire ? Que les femmes sont habillées pour être séduisantes et disponibles sexuellement (jupes et fanfreluches) et que les hommes s’habillent pour pouvoir faire ce qu’ils ont à faire (pantalons, vêtements chauds, solides et pratiques). Nous constatons tous les jours, dans la rue, qu’il y a une infinité de variations là-dessus…

Casey Legler, mannequin homme
Ah ah. Là, je suis polarisée à mort. J’ai un formidable attrait pour les vêtements d’hommes (les sweat et les t-shirts surtout) que je trouve bien coupés et confortables, alors que les vêtements de fille sont désespérément fragiles et chichiteux. Et puis, il faut bien le dire, je porte ces choses comme des grigris de puissance. J’ai toujours vécu le fait d’être qualifiée de « garçon manqué » comme un level up. Et pour cause… il m’a fallu du temps pour comprendre que c’était parce que j’étais du sexe faible. Être un homme, c’est une protection. Si ça se peut, je suis pédé ? Les machos me fuient, les connards me donnent du « monsieur », ça fait le tri à l’entrée. Aujourd’hui, c’est mon apparence la plus fréquente : le jeune homme. Jeans, docs, t-shirt et pull, quelle que soit la saison. CELA DIT. J’ai longtemps mis de côté cet aspect de moi, surtout dans ma sphère professionnelle : j’ai fait cours en talons hauts, maquillée et nippée en femme dynamique pendant 8 ans. Je t’en foutrais de la femme dynamique. Cela peut m’arriver aujourd’hui de me déguiser en fille : quand je sors faire la fête ET que je me sens capable d’assumer les conséquences (celles de ne pas être confondue avec un homme). Tu comprends en fait, je suis une jolie fille. Si je ferme ma bouche, en talon hauts et tunique légère, je ramasse toute la soirée ! Ça m’est arrivé deux fois cette année. J’ai trouvé ça insupportable, j’ai été indûment touchée, traité de salope, menacée d’être violée et laissée pour morte dans un fossé par un mec bien imbibé. Ça ne m’arrive pas quand je ressemble à un garçon (même avec des mecs imbibés autour de moi). D’un point de vue vestimentaire, je suis donc un homme à 75% du temps.


Dans ma sexualité… Le meilleur ! Comme c’est très compliqué, je vais faire un peu simple et ressortir mon yin et mon yang (tous deux mêlés de yang et de yin nesspa). Tu fais l’homme ou la femme ? Je parie que la réponse est plus compliquée que ça, pour toi, pour moi et pour ta voisine ! On voit que c’est assez délicat d’évaluer une identité sexuelle à l’aune de l’attrait que l’on porte à l’autre sexe : si j’aime les garçons, je suis une fille ? Oui, mais si l’on est un couple de deux garçons qui s’aiment, ce n’est pas un peu problématique de parler de deux filles ? C’est pour ça que je n’en garde que l’aspect symbolique : tu es femme quand tu t’ouvres, et tu es hommes quand tu entres. Et tu changes souvent.

Comment font les hétéros ?
Au premier abord, je suis très yin, féminine : je m’ouvre. Je connais l’orgasme et j’ai eu un nombre d’amants (et d’amantes) qui m’autorise quelques conclusions. J’ai longtemps pratiqué tous ces trucs hautement féminins : se mettre à quatre pattes, sucer, se faire enculer. Mais plus le temps passe, moins c’est le cas (le plus douloureux étant la perte de l’usage de ma mâchoire) (non, tout bien pesé, le plus douloureux ce sont les hémorroïdes). Bref. Encore un truc qui a refusé de se graver dans le marbre. Aujourd’hui, en plus t’as vu, mon truc, c’est le porno gay. J’ai eu des amours féminines et j’aime la femme à la folie. J’aime mettre des doigts dans les hommes. Suis assez instable là ? Je pointe à 90% dans le yin.


Dans mon mental… Dans notre tête, alors, homme ou femme ? T’es plutôt souple, fluide, polyvalente, t’aime les métaphores et les images, avec une tendance à la tristesse et la mélancolie ? T’es yin. T’es plutôt brutal, burné, obtus et impulsif, t’aime les nombres et les coins bien carrés ? T’es yang. Enfin, tu es plus ou moins un peu tout ça, je présume. Comme moi !

Autoportraits d'Andy Warhol (source)
Évidemment, je suis terriblement tout ça, mais pas tout en même temps ! À la majorité du temps (et je fais des efforts conscients pour ça), je suis douce, compréhensive, je tâche de m’adapter et je déprime doucement sur ma mésestime personnelle. Je ne suis point conquérante et guère ambitieuse. Je déteste les nombres, que j’ai remplacés par les sentiments de mon cœur. Je suis en perpétuelle instabilité déséquilibre évolution, je cycle, je cycle. Mais à 15% du temps, quand il faut je ne lésine pas, je suis d’un égocentrisme monstre, je m’impose verbalement, je ne lâche pas mon morceau et je mords ce qui me menace. Je suis batailleuse, autonome. Mentalement, je dirais que je suis une femme à 85%.


Voilà. Je vous laisse faire une moyenne si vous en éprouvez le besoin. C’est une revue de détails assez sympa à faire - je suis plus yin que je ne le pensais et étrangement, ben ça me fait chaud là. Je remarque aussi que j’ai aussi une vie assez simple avec mon identité cis-genre bien marquée et pas trop contestée, même si quand même, je remarque aussi que je suis une fille. 

6 commentaires:

  1. Il y a des fondamentaux à re-présenter. Ta vigilance foncière t'honore, La Volu. Merci de nous garder en #étatdeveille @VoluBilis

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  2. Ô toi !! Tu sais, tu sais, la guerre et la paix ne dorment jamais en moi... ils se lèvent à tour de rôle... On est là pour ça.

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  3. Très intéressant travail que tu nous livres. Ça donne matière à réfléchir. C'est intéressant que tu utilises le ying et yang . En ce moment, j'ai une réflexion à propos des théories de Jung qui parle d'animus et d'anima. J'ai toujours du mal avec ces classifications où ce qui relève du conceptuel, de la décision, de l'action, du clair, de l'extérieur est attribué au masculin. Donc, si une femme a ces éléments en elle, c'est sa part masculine.
    J'aurais tendance à penser que nous avons tous ces éléments et que par principe, ils ne sont ni féminins ni masculins.
    Il y a un outil de connaissance de soi que j'aime parce qu'à aucun moment on ne nomme du féminin ou du masculin : l'énnéagramme. Cet outil stipule qu'il existe 9 bases et que le chemin est d'aller vers le centre qui relie à ces 9 bases. Et qu'on soit homme ou femme où peut-être ne n'importe quelle base.
    Par contre en utilisant cet outil, on s’aperçoit que les caractéristiques de certaines bases ne sont pas admises socialement quand on est une femme ou un homme. Ex la base 8 (Le 8 qui utilise le centre instinctif vers l'extérieur veut avoir un impact sur le monde extérieur. Il a une énergie physique considérable. Son orientation est la puissance et le courage. Il considère que la vie est un combat et il se bat pour la justice). Une femme refuse de se reconnaître dans cette base très souvent. Il faut l'accompagner pour qu'elle ose être ce qu'elle est.
    Ex pour la base 4 (préfère le centre émotionnel utilisé vers l'intérieur. Il est sensible et attaché à vivre des émotions intenses et authentiques. Son orientation est la recherche du beau.)Cette base est très mal accepté par les hommes.

    L’introversion et l'extraversion, clairement n'ont rien de féminin ou de masculin. Par contre, c'est perç comme masculin ou féminin

    Je n'ai pas la capacité de faire passer mon propos aussi clairement que toi. Mais ce que je veux dire c'est que les seules distinctions que j’admets entre un homme et une femme sont d'autres physiques. Dans l'adn on peut reconnaître si la personne est un homme et une femme (mais pas si elle est trans, enfin je suppose). Par contre avec une éprouvette on ne peut pas savoir si la personne est conceptuelle ou rêveuse, extravertie ou introvertie

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  4. Merci à toi pour cette analyse !

    Je ne me suis jamais penchée sur l'ennéagramme, mais j'en ai beaucoup entendu parler. Encore un truc qui apporte des réponses, apparemment. L'humain est doué pour créer des outils conceptuels, au moins autant que pour créer des outils matériels (vilebrequin, sextoy, fourchette). Quand on voit son intelligence, on se demande comment il peut être massivement aussi con (je ne décolère depuis trois jours). Bref.

    Je crois qu'on ne peut pas nier l'existence du féminin et du masculin (ce serait nier l'existence du blanc et du noir) et encore moins que cette différence soit physique : si les trans "changent de sexe", c'est bien parce que l'apparence, les manières, la voix, ça compte. Il y a un utérus, et il y a un pénis. Ce sont des concepts incontournables. C'est comme une porte : elle peut être ouverte ou fermée, et les deux situations portent leur intérêt. La femme est une porte ouverte, l'homme est une porte fermée (conceptuellement, je n'enferme personne à ce stade).

    Ce que j'aime dans le yin et le yang et le concept de polarité (déjà, sa simplicité... presque autant que la binarité ! il suffit à TOUT expliquer, surtout ce que notre science moderne veut voir comme des exceptions) c'est l'idée d'équilibre. La polarisation, c'est une lutte interne, c'est un mouvement dynamique à l'intérieur de soi. Il n'y a pas d'être totalement yin ou yang, il n'y a qu'une balance qui penche constamment (cf la question "De quel côté tombe un arbre ?") Nous, femmes, débordons intrinsèquement de yin et nous obtenons l'équilibre en cherchant notre yang. Sans quoi, nous sommes avalées, piétinées, esclavagées. La femme est une porte ouverte qui doit apprendre à se fermer. Et puis l'homme est une porte fermée qui doit apprendre à s'ouvrir.

    La meilleure question : pourquoi cherchons-nous à répondre à ces questions ? Qu'est-ce qui importe ici, sinon de se sentir bien dans sa peau, complet et accepté ? Qu'est-ce qui compte plus au monde que la bienveillance de notre communauté et l'amour que nous nous portons ? Des questions complètement "yin"... Y répondre, c'est "yang" ! En avant toute !!

    PS : j'ai lu un truc récemment, à propos de la répartition papa/maman des chromosomes du bébé... La mère donnerait à l'enfant son intelligence... et le père son émotivité ! Polarité, quand tu nous tiens... Il faudrait que je retrouve la source de cette info...

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  5. Coucou Volu que je ne suis quasiment plus.

    Pour te dire, la question de l'identité sexuée (je préfère sexuée à sexuelle) me taraude encore, malgré le fait qu'avec mes 33 ans, je pense de plus en plus à la maternité (influencée par mon cher et tendre mari). Bien que je devienne de plus en plus à l'aise avec mon corps de femme, ma psychologie me fait encore détester le cycle menstruel au point d'en tomber "malade" (nausée, vertiges, dépression) dès le 22e jour de cycle jusqu'au 33e ou 35e jour (1er jour du cycle suivant) quand j'ai de la chance. Je vois encore ma part de féminité évidente comme une souffrance (et ça va faire 21 ans que c'est comme ça).
    J'ai surtout une particularité mentale que l'on appelle le syndrome d'Asperger et qui fait que j'ai un rapport au corps compliqué. En gros, mon corps n'existe pas, donc je ne comprends pas qu'on puisse faire des remarques parfois désobligeantes sur quelque chose dont je n'ai pas conscience. C'est ce déni du corps et le fait qu'il soit socialement connoté qui a entraîné à 24 ans mon questionnement sur mon identité sexuée (j'insiste, je te promets d'expliquer en addendum).
    Dans mon rapport de couple, j'ai parfois l'impression d'être devenu le mari. En effet, c'est mon mari qui enseigne, se socialise, éprouve de l'empathie envers ses élèves, discute au téléphone... tandis que je lui tance des trucs dignes de radio bière-foot. Mon mari s'accorde de l'ambivalence sexuée dont il semble être lui aussi atteint avec cette mémorable réflexion : "Je suis passé de l'autorité de ma mère à l'autorité de ma femme."
    Je distingue donc l'identité sexuée (qui est en rapport au genre, à la conscience de soi et à la conscience sociale du genre, ce que tu expliques ici) de l'identité sexuelle (qui à mon sens regroupe davantage les problématiques autour de la sexualité et des manières de la vivre). Il est nécessaire en effet de délier les deux problématiques, parce que leur liaison de cause à effet n'est pas forcément systématique (en témoignent une BD telle que le malheureusement médiocre "Mauvais genre" de Chloé Cruchaudet et un film tel que le particulièrement bon "Laurence anyways" de Xavier Dolan). Je suis de ces personnes qui restent persuadées qu'identité sexuée et identité sexuelle ne vont pas forcément de pair et qu'il faut par conséquent distinguer les deux.

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  6. Bien merci de passer par là, Bella !

    C'est drôlement intéressant. La perception que l'on a de son corps joue un rôle très important dans ce qu'on appellera "la sexualité" au sens large, et même "l'identité" de l'individu.

    Finalement, tu n'expliques pas pourquoi "sexuée" au lieu de "sexuelle", qu'est-ce que ça change ?

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...