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Affichage des articles du novembre, 2014

Le Roman de Tristan et Yseut - Joseph Bédier / IV - Le philtre

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Attention, vous atteignez la strate la plus basse et en même temps le High Level du romantisme : le philtre.

Tristan et Iseut - John Duncan (1912)

I - Les enfances de TristanII - Le Morhalt d’IrlandeIII - La quête de la belle aux cheveux d’or


IV LE PHILTRE

Nein, ezn was nith mit wine, doch ez im glich wœre, ez was diu wernde swaere, diu endelôse herzenôt von des si beide lâgen tôt. (Gottfried de Strasbourg.)

La Petite Sirène / Disney (1989) vs Hayao Miyazaki (2008) (III)

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Tous les articles sur ce sujet riche en Oméga 3 :
- La Petite Sirène / Hans Christian Andersen (I) - La Petite Sirène / Hans Christian Andersen (II) - La Petite Sirène / Ivan Aksenchuk (1968), Tomoharu Katsumata (1979) - La Petite Sirène / Disney (1989) vs Hayao Miyazaki (2008) (I) - La Petite Sirène / Disney (1989) vs Hayao Miyazaki (2008) (II)


Rôles d’HOMMES, rôles de FEMMES
En même temps, quand on voit la gueule des personnages de Disney, on ne peut pas vraiment s’étonner de la nature des interactions qu’ils ont entre eux. Là où on ne veut rien reprocher à Andersen, on peut se le permettre chez Disney. Le principe du cliché est de réduire. Le cliché est raciste, sexiste, discriminatoire et avilissant par essence. Le cliché est une caricature d’identité. Aussi, je vous le demande : pour qui, pour quoi, un créateur ressent-il le besoin de diminuer, réduire ses personnages ?


La Petite Sirène / Disney (1989) vs Hayao Miyazaki (2008) (II)

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Nous avons lu le conte d’Andersen, visionné les dessins animés d’Ivan Aksenchuk et Tomoharu Katsumata… Retrouvez ici le début de cette critique de la Petite Sirène de Disney et de Ponyo sur la falaise d’Hayao Miyazaki.


La Petite Sirène / Disney (1989) vs Hayao Miyazaki (2008) (I)

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Après le contemoyenâgeux et les animés antédiluviens, abordons la seule chose qui nous intéresse vraiment : ce que l’on fait aujourd’hui, avec ce trope de la femme-poisson. Et bien, après avoir ingurgité autant de déclinaisons de ce récit, j’en viens à la conclusion qu’il n’y a presqu’aucune différence entre le patriarcat de 1835, celui de 1968, celui de 1975, et celui de 1989. Si vous pensiez pouvoir utiliser l’argument « Ce sont des histoires qui correspondent à leur époque » et que je devrais réhabiliter Andersen à l’aune des progrès qui ont été faits depuis, on va être bien embêtés.
J’établirai donc l’indéfectible lien qui unit le dessin animé de Disney La petite Sirène, réalisé par John Musker et Ron Clements, sorti aux USA en 1989, au conte d’Andersen repris parAksenchuk et Katsumata, tout en le comparant à ce que Miyazaki nous suggère en guise de mythe de la femme-poisson dans Ponyo sur la falaise, sorti en 2008, sur les points suivants :
👇 a La nature, les animaux et l’océana

La Petite Sirène / Ivan Aksenchuk (1968), Tomoharu Katsumata (1979)

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Vous avez lu le conte ? Destiné à l’édification des petites filles et au plaisir des adultes, sa cruauté laisse songeuse. Celle-ci nous est parfaitement restituée dans ces deux animés.

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La Petite Sirène / Hans Christian Andersen (II)

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[La Petite Sirène, de Hans Christian Andersen : première partie]




Elle avait toujours été silencieuse et réfléchie ; à partir de ce jour, elle le devint encore davantage. Ses sœurs la questionnèrent sur ce qu’elle avait vu là-haut, mais elle ne raconta rien.
Plus d’une fois, le soir et le matin, elle retourna à l’endroit où elle avait laissé le prince. Elle vit mûrir les fruits du jardin, elle vit fondre la neige sur les hautes montagnes, mais elle ne vit pas le prince ; et elle retournait toujours plus triste au fond de la mer. Là, sa seule consolation était de s’asseoir dans son petit jardin et d’entourer de ses bras la jolie statuette de marbre qui ressemblait au prince, tandis que ses fleurs négligées, oubliées, s’allongeaient dans les allées comme dans un lieu sauvage, entrelaçaient leurs longues tiges dans les branches des arbres, et formaient ainsi des voûtes épaisses qui obstruaient la lumière.
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La Petite Sirène / Hans Christian Andersen (I)

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La Sirène est une créature hybride mythologique, à mettre au rang des prédateurs de la race humaine, du moins de sa moitié masculine.
 Wiki nous apprend que la tradition la plus tardive, gréco-romaine, les dote d’abord d’ailes et de plumes. Elles sont déjà des déesses marines, chanteuses et musiciennes ensorcelantes, qui égarent et abîment les bateaux.

The Dinner Party – Kali… et les autres

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Après avoir croisé des femmes-vagins, des femmes-ventres et des filles faciles sur le carrelage du Dinner Party, nous rencontrons une femme qu’on ne pénètre pas : Kali/Durga. Comme Ishtar, sa principale caractéristique est sa dangerosité, souvent capricieuse, sauf qu’elle est ici davantage considérée comme un allié protecteur qu’un ennemi. Elle se défait de son aspect de fertilité, pour n’incarner plus que les rouages de la guerre et de la mort.


Nous retrouvons au Proche Orient aux alentours de -4000, la déesse sumérienne Ereshkigal, la frangine d’enfer d’Inanna/Ishtar (dont elle est en fait une variation « noire »). Régnant sur le monde souterrain, elle y vivait une véritable passion avec son amant Nergal. Ce dernier, pour pouvoir vivre auprès de sa bien-aimée, dû se résigner à ne plus avoir de relations sexuelles avec elle. Elle prend l’apparence d’une belle jeune femme, avec des serres d’oiseau de proie et des ailes vigoureuses sur le dos. Elle apparaît toujours exaltée (de passion)…

Le Roman de Tristan et Yseut - Joseph Bédier / III - La quête de la belle aux cheveux d'or

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Bon, là, on attaque le gros du dur. Blanchefleur est morte, le roi est bon et mélancolique, Tristan preux et bien élevé, l’aventure peut vraiment commencer. Il est pour le moment bien clair que Tristan ne trouve aucun intérêt à Iseut, et que celle-ci le déteste cordialement. Et ça ne va pas s’arranger : Tristan s’en part la conquérir pour son bon roi Marc.
I - Les enfances de Tristan II - Le Morhalt d’Irlande

III LA QUÊTE DE LA BELLE AUX CHEVEUX D’OR

En po d’ore vos oi paiée O la parole do chevol, Dont jo ai puis eü grant dol. (Lai de la Folie de Tristan.)


Le Roman de Tristan et Yseut - Joseph Bédier / II - Le Morhalt d'Irlande

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I - Les enfances de Tristan

II LE MORHALT D’IRLANDE


Tristem seyd : « Ywis, Y wil defende it as knizt. » (Sir Tristrem.)

Maman est folle - William Sheller

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Le Roman de Tristan et Yseut - Joseph Bédier / I - Les enfances de Tristan

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< Blanchefleur, l'une des plus vieilles femmes mises dans un frigo pour les besoins de la cause poétique.
Tristan et Yseut, c’est le plus vieux témoignage de la plus vieille femme dans le frigo… C’est la plus vieille histoire à user de ce trope follement romantique qui consiste à tuer par amour. La plus vieille histoire d’une fille si belle qu’elle en est méchante, à narrer les atroces turpitudes des hommes qu’elle ensorcelle. La toute première à raconter comment une femme force un homme à l’enlever, à fuir en se mettant tout le pays à dos et mourir pour elle. Cette histoire se distingue du « roman courtois », dans lequel la femme n’est qu’un objet passif du désir du chevalier. Ici, Yseut, elle fout les glandes à tout le monde.
Au fil du temps, ce récit particulièrement chevaleresque  a fini par rejoindre celui d’Arthur et de sa table ronde. On tue avec bravoure, on maudit avec courage, et l’on meurt en emportant avec soi la femme qu’on aime. Tel sont les fondements de notre litt…