mardi 30 avril 2013

Clytemnestre, Oreste, Chrysothémis... et Agamemnon



Clytemnestre était une reine, reine de Mycènes aux côté de son mari Agamemnon (de la calamiteuse lignée des Atrides), à qui elle donna quatre enfants : OresteÉlectreIphigénie et Chrysothémis.

Un jour qu’il avait vraiment besoin d’un ptit coup de pouce des Dieux dans sa guerre de Troie, Agamemnon immola Iphigénie en guise de sacrifice. L’amour de Clytemnestre pour son mari se mua en haine. Elle prit un amant tandis qu’il partait guerroyer, mais se rendit compte à son retour qu’Agamemnon en avait fait autant, ramenant dans ses bagages la princesse/esclave/concubine troyenne Cassandre (qui avait pourtant vu le coup venir).
Clytemnestre hésitant avant de tuer Agamemnon endormi,
par Pierre-Narcisse Gérin (1817)
Elle décide alors, avec son amant Égisthe (le courageux, dans l'ombre) d’assassiner son mari, ainsi que sa concubine et les deux enfants qu’il avait eu le temps de lui faire.

Sept ans plus tard (pendant lesquels Égisthe est assis sur le trône) Oreste et Électre, son fils et sa fille si vous avez suivi, assassinaient à leur tour leur mère et son amant pour venger la mort d’Agamemnon.



Ce mythe aux relents de faits divers sert aujourd'hui de base à ce type de développement :


« Ne jetez pas le père avec l’eau du bain, le bébé en a besoin. Ne jouez pas les Clytemnestre (qui écarta son mari pour placer son amant sur le trône) si vous ne voulez pas que vos enfants se transforment en Oreste ou en Électre qui règleront son compte à une mère devenue détestable pour avoir rejeté en eux la moitié qui ne lui appartient pas : celle du père ! Même si vous en venez à devoir divorcer, n’oubliez pas cette loi : il est impossible d’aimer vraiment celui qui méprise un de ses parents. »
Peut-on être une bonne mère ?
Christiane OLIVIER

Minute, qu’en est-il de Chrysothémis ?


Chrysothémis, la sœur d’Oreste et Électre ! Elle ne souhaitait pas la mort de sa mère, mais au contraire que Clytemnestre et sa fille se réconcilient. Les deux sœurs s’opposaient souvent, la douceur, la résignation de Chrysothémis, face à la rage, le bouillonnement d’Électre.

Oreste massacrant Egisthe et Clytemnestre,
par Bernardino Mei
 (1654)
Elle n’eut pas gain de cause, et ne put empêcher le meurtre de sa mère. Elle est souvent représentée fuyant la scène du crime.

L’utilisation du mythe par la psychochanalysologie entend démontrer deux choses : d’abord qu’un enfant à besoin de son père pour se construire; ce qui est vrai, mais aussi, en poussant la logique inverse au taquet, qu’aussi abominable que fut le père, les reproches de la mère atteignent aussi la part du père en ses enfants, ce qui est vrai aussi mais ne conduit pas toujours au meurtre, même symbolique, de la mère.


La psychochanalysologie  oublie de dire que, s’il est bien perturbant d’entendre chaque jour insulter une moitié de soi par une autre moitié de soi, ça l’est peut-être plus de comprendre qu’une moitié de soi est une belle saloperie. Que de toute façon, même si ses parents ne divorcent pas, même s’ils se « respectent », l’enfant bataillera avec lui-même. Qu’il fera la part des choses si elle est à faire. Ou pas.

Ce sont les silences qui entourent le monde des adultes qui créent des chimères dans l’esprit des enfants, parce qu’ils essaient de comprendre, parfois l’incompréhensible. Il n’y a que nous pour leur apprendre à vivre.

Clytemnestre, par Collier (1885)


Alors je suis d'accord : elle est quand même grosse, cette hache.

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...