vendredi 31 janvier 2014

Parfaite






Femme je suis

Amour
Fleur de Vie


Et fleur de ventre

Dans cette vie parfaite
(Qui est la seule que j'ai)

mardi 28 janvier 2014

Cellules

J’appelais des renforts, il y a quelques mois, de toute mon âme. Un sursaut qui me sorte de là. Une énergie que je n’avais pas, qui me pousserait dans une direction que je n’arrivais pas à trouver.

J’ai le col de l’utérus qui a décidé de se faire hara kiri. Alors qu’il y a quelques semaines, j’étais juste porteuse d’une méchante bébête possiblement dangereuse, je sais aujourd’hui que j’ai passé ma dernière année, grosso modo, à me bidouiller un début de cancer utérin. Comme vous l’avez compris, le cancer du col est provoqué par l’attaque du virus HPV sur la muqueuse. La plupart des femmes passent entre les gouttes : la majorité d’entre nous en sont porteurs, mais nous évacuons le virus le plus souvent. Mais des fois, on ne sait pas pourquoi, ça part en quenouille, et pas juste « des fois », finalement, puisque c’est le premier cancer féminin. 20 et 30 ans seraient les âges les plus délicats… J’ai atteint le « grade 3 », celui où on ne se pose plus de questions : on taille.

samedi 25 janvier 2014

Always with me - Yumi Kimura


Je fais dans la chanson triste, depuis que j'ai croisé Le rêve de la fiancée de Zelwer...



sans oublier Tempête la semaine dernière, qui était quand même un peu plus "enlevé"... c'est ma manière de vous donner des nouvelles). 

Puis j'ai écouté, réécouté et fait écouter Always with me. Ma maîtrise de la langue se limitant cruellement à la mienne en pareil cas, je vous laisse avec une traduction anglaise de ce texte, trouvée .

jeudi 23 janvier 2014

Où sont les parents ?





… une réflexion que nous proposent les Inrocks2, ce mois-ci, dédié à l’univers de Hayao Miyasaki (qui fait mine de prendre sa retraite). Jetez un œil aux dessins animés que regardent vos enfants, à la télé : où sont les parents ? ce qui revient à dire : Où sont les adultes ? De l’univers de Miyasaki, en effet, ils sont absents. Il nous parle d’un monde en crise, rongé par les haines et les désespoirs… des adultes. Pour Miyasaki, les parents sont avant tout ceux qui pourrissent les enfants. C’est vrai pour beaucoup de contes, d’histoires, de séries pour enfants. Il vaudrait mieux ne pas en avoir, de parents, nous disent-ils. A moi pourtant, mon expérience m’a laissé l’impression que ne pas avoir de parents, c’est un peu être un fantôme, un être lacunaire. Les orphelins que j’ai connus étaient des gens souffrants de cet état de fait, ceux qui n’en souffraient pas avaient entrepris un grand chemin pour y arriver. Je parle d’orphelins, mais il y a des vivants qui savent être absents aussi. Il suffit de peu, à vrai dire. Un peu d’attention, d’observation, de franchise (ce que les adultes donnent le moins facilement aux enfants). Une présence, une rassurance, une écoute, des réponses…

Chihiro retournera à sa vie normale, dans sa famille qui la gâte trop. Mais elle a un peu plus grandi, maintenant. Elle sait combien la vie va être exigeante.

Mamie Sophie s’occupera du petit magicien, Auru fera le grand frère et puis la reine fera la vieille, qui fumerait près de l’âtre.

Le père de famille qui s’est installé dans le voisinage de Totoro voit à son tour les êtres fantastiques que ses filles ont débusqués.

La Famille reste le Grand Ordre. Bien sûr, au-delà de la Famille, il y a tout le reste, ce serait trop con de ne pas aller voir. Mais il ne faut pas jamais perdre ses appuis.

dimanche 19 janvier 2014

Jalons


Jeunes Filles - David Hamilton


 « Les intérêts de notre vie sont si multiples qu’il n’est pas rare que dans une même circonstance les jalons d’un bonheur qui n’existe pas encore soient posés à côté de l’aggravation d’un chagrin dont nous souffrons. » 

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

jeudi 16 janvier 2014

Arbres vénérables


Carte réalisée par Mickael Paukner, graphiste diplômé de la New Design University de Sankt Pölten en Autriche. Publiée en 2010, elle recense les plus vieux arbres du monde.


mardi 14 janvier 2014

Vassilissa la très belle


L’histoire de Vassilissa possède les contours typiques du conte initiatique. Il est long, riche et aussi ardu qu’on le voudra bien. Il en existe évidemment diverses versions, divers auteurs, mais le premier à le recenser est le russe Alexandre Afanassiev à la fin du XIXème siècle, dans son ouvrage Contes Populaires Russes. L’histoire y est illustrée par Ivan Bilibin, images qui devraient vous rappeler quelques souvenirs…

Je vous invite à vous plonger dans ce conte, l’interprétation d’Estès est excellente, mais s'achève avec le retour de Vassilissa à la maison, pour ma part je vais vous proposer aujourd'hui une version trouvée ici, une version "longue", qui se termine par le mariage de Vassilissa, avant de vous inviter à en méditer le sens...

Bonne lecture


Vassilissa la-très-belle


     Il était une fois un marchand. En douze ans de mariage, il n'eut qu'une fille, Vassilissa la-très-belle. Sa femme mourut alors que la petite avait huit ans. Sentant approcher sa fin, la mère l'appela, prit une petite poupée cachée sous sa couverture et dit à Vassilissa : 
     - Écoute mes dernières paroles, obéis à mes dernières volontés. Je te donne cette poupée avec ma bénédiction maternelle ; garde-la, ne la montre à personne. Si quelque mal t'advient, offre à manger à ta poupée et demande-lui conseil. Elle t'aidera dans le malheur.

lundi 6 janvier 2014

Frottis (!)


Notre vagin est un peu comme notre bouche…
    
Il s’agit d’une cavité : on met des choses dedans, ou des choses s'y mettent. Souvent des choses faites pour, parfois des choses incompatibles.

C’est plus précisément une muqueuse : une zone humide et qui doit le rester pour que l’organe remplisse sa fonction correctement, il sécrète d’ailleurs sa propre humidité. La qualité du liquide produit est le reflet de la santé de l’ensemble : la présence de germes le déséquilibre s’il ne parvient pas à les « nettoyer ».

Notre vagin fait partie de l’extérieur de notre corps tout en étant un passage vers l’intérieur, un sas, il constitue une entrée (ou une sortie…), comme nos yeux, notre anus, notre nez. Non seulement il est troué aux deux extrémités, mais en plus il est poreux. Vous avez des notions d’hygiène élémentaire, vous imaginez que c’est une zone fragile.

Pour ces trois raisons qui sont les mêmes pour les dents, il faudrait aussi souvent surveiller l’état de notre vagin. Parce que la vie y grouille. Parce qu’on bouffe n’importe quoi…

vendredi 3 janvier 2014

Barbe Bleue

Editions Kaleidoscope, 2007


Aujourd’hui, je peux vous offrir ma version du Conte de la Barbe Bleue, exploré par Pinkola Estès. Je l’ai écrit il y a 2 ou 3 ans maintenant, pour ma mère qui travaillait alors en théâtre avec un groupe d’enfants dans une école française de Tanger. D’où la forme.

Bonne lecture !


Le Conte : Barbe Bleue


NARRATEUR
Écoutez, mesdames et messieurs, l’histoire de la Barbe-Bleue,
L’homme le plus riche, et le plus triste de Castille.
Il aurait été beau, avec ses grands chapeaux, ses hautes bottes,
Avec sa large cape, et paré en armes
Mais sa barbe était bleue et la peur se lisait
Dans les yeux des femmes qu’il courtisait, tant il était laid.
On disait de lui qu’il n’était pas gentil, aigri, mauvais mari
Que les femmes qu’il avait connues, ne l’aimant plus, avait toutes disparues.
Ce matin, la fleur au pourpoint, il part demander la main
D’Anne ou de Juliette, deux sœurettes
Parmi les plus jolies de la ville, fille de la veuve Sérini.