lundi 31 mars 2014

Conseils aux Femmes...


C’est sur le blog de Jeconnaisunvioleur que j’ai eu vent d’une petite manœuvre discrète qu’a tenté le gouvernement, en octobre 2013, sur son site internet. Une histoire d’autocensure : sur le site du gouvernement français se tenait une page, qui a été remplacée par une autre, un peu plus utile... Il s’agissait… de donner des conseils aux femmes pour qu’elles arrêtent de se faire si bêtement violer et agresser. Du coup, cette page n’est plus visible, « Conseils aux femmes » devient donc « Lutte contre la violence faite aux femmes ».

Toutefois, j’ai été réactive : j’ai fouiné dans le cache et j’ai retrouvé l’objet du délit. Si vous n’avez pas vomi aujourd’hui, on va régler ce problème.

Note à benner : ce visuel est celui d’une campagne de pub de Reporters sans Frontière… Cherchez l’erreur… ça pourrait suffire à faire un post, mais je préfère laisser les Chiennes de Garde exprimer ma colère… j’peux pas tout faire !



Conseils aux femmes 
9 août 2012

En raison de leur sexe et de leur morphologie, les femmes sont parfois les victimes d'infractions particulières.

Avouez que ça commence mal. C’est à cause de leur morphologie et de leur sexe (au sens propre, la chatte ?), que les femmes ont des soucis. Pas du tout à cause de la bite ou de la connerie masculine. Ou que le viol est un crime largement impuni ce qui laisse le champ libre à ceux que ça gratte trop. Ni que les notions d’intimité, de vie privée qu’on évite de déballer et d’image de l’autre qu’il faut préserver ouvrent la voie au silence, à la honte. Noooon. Rien de tout ça. Tes seins, ta chatte.

Notez la date : 2012. Pas 1515 ou 52 avant JC ; 2012. Autrement dit : hier.

dimanche 30 mars 2014

Avatar : structure


On repart pour un tour, mais on change notre fusil d’épaule. Vous pensez qu’on met bout-à-bout des images, de manière intuitive, et que les bons sentiments suffisent à faire un bon film ? Je me marre. Cameron applique à la lettre, à la minute, à la seconde une recette carrée-béton, pour un film hyper-structuré sans en avoir l'air. En 2h28 de film, les éléments de l’histoire se succèdent très précisément toutes les 5 minutes. Pas 4 ou 6, cinq (5). Démonstration.



LA STRUCTURE DU FILM

Comme tout récit un tant soit peu construit, un film se divise en 3 parties : début, milieu, fin, ou plus exactement Introduction, Nœud, Dénouement. Pour un film, il faut également ajouter au moins deux « pivots ». Je vous invite à vérifier par vous-mêmes la précision du minutage en visionnant le film, et à me confirmer que je n’ai pas la berlue.

samedi 29 mars 2014

Avatar : composantes





Aujourd’hui, je voudrais vous présenter une application de mes cours, sur le film AVATAR de James Cameron, sorti en 2009. Vous trouverez sur la page Wikipédia du film des infos sur le tournage et la distribution (et de manière générale, une partie des infos que je donne ici, le site Le Cinéma est Politique a également soutenu ma réflexion). Moi, je vais me la jouer critico-pédago, comme j’aime.

En cinq mots comme en 7000 : Cameron nous récite son cinéma, c’est mi-lli-mé-tré.

Le film est riche, très riche… J’en ferais aussi bien une analyse technique, objective, en me basant sur ce que j’ai appris de ma formation et en vous expliquant les notions utilisées (à savoir les composantes du film aujourd’hui, et demain sa structure), mais en même temps une analyse plus subjective, qui s’attachera au traitement des différents thèmes, symboles etc…

Je souhaite que vous trouviez à cette lecture autant de plaisir que j’ai eu à la faire.



LES COMPOSANTES DU FILM


Tout film (sauf exceptions très notables) utilisent les composantes suivantes : la prémisse, le protagoniste, les antagonistes, la mission, le destinataire, les aides. C’est parti.


vendredi 28 mars 2014

Bechdel Test


Ce petit test doit son nom à celle qui le mit au jour, Alison Bechdel, au détour des cases de son influent comic Lesbiennes à suivre, dont la parution a commencé en 1983… et dura jusqu’en 2008. La maternité du test revient à son amie Liz Wallace. Il est donc parfois nommé Test de Bechdel-Wallace. Il a été popularisé par… Anita Sarkeesian en 2009 sur son blog FeministFrequency (dont vous trouverez des nouvelles dans la colonne de droite) et depuis… il en fait grincer plus d’un (mine de rien, si on cherche dans ce sens, on peut faire la même chose avec les noirs, les homos ou les bretons) ! Donc j’aime.


jeudi 27 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Septième Histoire





SEPTIEME HISTOIRE
CE QUI S'ETAIT PASSE AU CHATEAU DE LA REINE
DES NEIGES ET CE QUI EUT LIEU PAR LA SUITE


Les murs du château étaient faits de neige pulvérisée, les fenêtres et les portes de vents coupants, il y avait plus de cent salles formées par des tourbillons de neige. La plus grande s'étendait sur plusieurs lieues, toutes étaient éclairées de magnifiques aurores boréales, elles étaient grandes, vides, glacialement froides et étincelantes.

mercredi 26 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Sixième Histoire








SIXIEME HISTOIRE
LA FEMME LAPONE ET LA FINNOISE


Ils s'arrêtèrent près d'une petite maison très misérable, le toit descendait jusqu'à terre et la porte était si basse que la famille devait ramper sur le ventre pour y entrer. Il n'y avait personne au logis qu'une vieille femme lapone qui faisait cuire du poisson sur une lampe à huile de foie de morue. Le renne lui raconta toute l'histoire de Gerda, mais d'abord la sienne qui semblait être beaucoup plus importante et Gerda était si transie de froid qu'elle ne pouvait pas parler.

mardi 25 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Cinquième Histoire


La Reines des Neiges : Première Histoire / Deuxième Histoire / Troisième Histoire / Quatrième Histoire / Cinquième Histoire / Sixième Histoire / Septième Histoire



CINQUIEME HISTOIRE
LA PETITE FILLE DES BRIGANDS


On roulait à travers la sombre forêt et le carrosse luisait comme un flambeau. Des brigands qui se trouvaient là en eurent les yeux blessés, ils ne pouvaient le supporter.

- De l'or ! de l'or ! criaient-ils.

S'élançant à la tête des chevaux, ils massacrèrent les petits postillons, le cocher et les valets et tirèrent la petite Gerda hors de la voiture.

- Elle est grassouillette, elle est mignonne et nourrie d'amandes, dit la vieille brigande qui avait une longue barbe broussailleuse et des sourcils qui lui tombaient sur les yeux. C'est joli comme un petit agneau gras, ce sera délicieux à manger.

Elle tira son grand couteau et il luisait d'une façon terrifiante.


lundi 24 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Quatrième Histoire


La Reines des Neiges : Première Histoire / Deuxième Histoire / Troisième Histoire / Quatrième Histoire / Cinquième Histoire / Sixième Histoire / Septième Histoire


QUATRIEME HISTOIRE
PRINCE ET PRINCESSE


Encore une fois, Gerda dut se reposer, elle s'assit. Alors sur la neige une corneille sautilla auprès d'elle, une grande corneille qui la regardait depuis un bon moment en secouant la tête. Elle fit Kra ! Kra ! bonjour, bonjour. Elle ne savait dire mieux, mais avait d'excellentes intentions. Elle demanda à la petite fille où elle allait ainsi, toute seule, à travers le monde.

Le mot seule, Gerda le comprit fort bien, elle sentait mieux que quiconque tout ce qu'il pouvait contenir, elle raconta toute sa vie à la corneille et lui demanda si elle n'avait pas vu Kay.

La corneille hochait la tête et semblait réfléchir.

- Mais, peut-être bien, ça se peut ...
- Vraiment ! tu le crois ? cria la petite fille.

Elle aurait presque tué la corneille tant elle l'embrassait.

dimanche 23 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Troisième Histoire




La Reines des Neiges : Première Histoire / Deuxième Histoire / Troisième Histoire / Quatrième Histoire / Cinquième Histoire / Sixième Histoire / Septième Histoire



TROISIEME HISTOIRE
LE JARDIN DE LA MAGICIENNE


Mais que disait la petite Gerda, maintenant que Kay n'était plus là ? Où était-il ? Personne ne le savait, personne ne pouvait expliquer sa disparition. Les garçons savaient seulement qu'ils l'avaient vu attacher son petit traîneau à un autre, très grand, qui avait tourné dans la rue et était sorti de la ville. Nul ne savait où il était, on versa des larmes, la petite Gerda pleura beaucoup et longtemps, ensuite on dit qu'il était mort, qu'il était tombé dans la rivière coulant près de la ville. Les jours de cet hiver-là furent longs et sombres.

Enfin vint le printemps et le soleil.

- Kay est mort et disparu, disait la petite Gerda.
- Nous ne le croyons pas, répondaient les rayons du soleil.
- Il est mort et disparu, dit-elle aux hirondelles.
- Nous ne le croyons pas, répondaient-elles.

A la fin la petite Gerda ne le croyait pas non plus.

samedi 22 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Deuxième Histoire

Margaret W Tarrant) 


La Reines des Neiges : Première Histoire / Deuxième Histoire / Troisième Histoire / Quatrième Histoire / Cinquième Histoire / Sixième Histoire / Septième Histoire



DEUXIEME HISTOIRE
UN PETIT GARÇON ET UNE PETITE FILLE


Dans une grande ville où il y a tant de maisons et tant de monde qu'il ne reste pas assez de place pour que chaque famille puisse avoir son petit jardin, deux enfants pauvres avaient un petit jardin. Ils n'étaient pas frère et sœur, mais s'aimaient autant que s'ils l'avaient été. Leurs parents habitaient juste en face les uns des autres, là où le toit d'une maison touchait presque le toit de l'autre, séparés seulement par les gouttières. Une petite fenêtre s'ouvrait dans chaque maison, il suffisait d'enjamber les gouttières pour passer d'un logement à l'autre. Les familles avaient chacune devant sa fenêtre une grande caisse où poussaient des herbes potagères dont elles se servaient dans la cuisine, et dans chaque caisse poussait aussi un rosier qui se développait admirablement. Un jour, les parents eurent l'idée de placer les caisses en travers des gouttières de sorte qu'elles se rejoignaient presque d'une fenêtre à l'autre et formaient un jardin miniature. Les tiges de pois pendaient autour des caisses et les branches des rosiers grimpaient autour des fenêtres, se penchaient les unes vers les autres, un vrai petit arc de triomphe de verdure et de fleurs. Comme les caisses étaient placées très haut, les enfants savaient qu'ils n'avaient pas le droit d'y grimper seuls, mais on leur permettait souvent d'aller l'un vers l'autre, de s'asseoir chacun sur leur petit tabouret sous les roses, et ils ne jouaient nulle part mieux que là. L'hiver, ce plaisir-là était fini. Les vitres étaient couvertes de givre, mais alors chaque enfant faisait chauffer sur le poêle une pièce de cuivre et la plaçait un instant sur la vitre gelée. Il se formait un petit trou tout rond à travers lequel épiait à chaque fenêtre un petit œil très doux, celui du petit garçon d'un côté, celui de la petite fille de l'autre. Lui s'appelait Kay et elle Gerda.


vendredi 21 mars 2014

La Reine des Neiges - Hans Christian Andersen (1844) / Première Histoire



Voici, comme promis, le conte original de La Reine des Neiges, d’Andersen. Il s’agit, à mes yeux, d’un des plus beaux contes de cet auteur. C'est aussi le plus long qu'il ait écrit ! Sa mise en ligne nous prendra une semaine... 7 jours pour 7 histoires.

Et en bonus : le dessin animé russe de Lev Atamanov, sorti en 1957 !




jeudi 20 mars 2014

La Reine des Neiges - Disney (2014)




Une fois n’est pas coutume, je suis allée voir, il y a quelques semaines, le dernier Disney avec ma fille Chicorée… La bêtise crasse des adaptations de contes made in Disney et cette horripilante tendance à l’insertion de passage chantés ou musicaux de piètre qualité m’avaient jusque-là tenue très loin de ce genre de productions… J'ai fait une exception. La Reine des Neiges était annoncé comme le meilleur Disney de tous les temps et Chicorée n’avait encore jamais mis les pieds dans un cinéma avec moi. Donc, je suis allée voir la Reine des Neiges. Ça tombait bien : je ne connaissais pas le conte, que l’on doit à Andersen.

Autant le dire de suite : ce film d’animation n’a plus grand-chose à voir avec le conte original. 

mercredi 19 mars 2014

Tropes vs Women in Video Games - Anita Sarkeesian



Anita Sarkeesian (dont nous reparlerons ici), blogueuse féministe (son blog) signe une étude qu’elle nous transmet par vidéo, portant sur les tropes, les figures, et les divers procédés narratifs associés aux personnages féminins dans les jeux vidéo.

Cette fille, elle est comme moi : elle aime les jeux vidéo. Elle ne veut pas leur faire de mal… elle voudrait juste s’y retrouver, elle aussi…

Les vidéos sont en anglais, mais les sous-titres français sont disponibles en accédant au plein écran ou en regardant la vidéo sur You Tube.



Premier épisode : la demoiselle en détresse (1) / L’épreuve que subit la Demoiselle n’est pas la sienne.

Demoiselle en détresse : jeune fille en danger, désespérée, impuissante, qui attend d’être sauvée par un homme. C’est bien souvent le but du héros, qui l’épouse ensuite.

Héros : on le reconnaît au fait que, lorsqu’il est fait prisonnier, il n’a besoin de personne pour s’en sortir. Cette épreuve lui permet de devenir un héros.

Dichotomie sujet / objet : le sujet agit (le personnage principal jouable), l’objet subit (la Demoiselle a été volée et doit être récupérée).

La Demoiselle – Balle : le personnage féminin ne représente pas l’équipe opposée dans le jeu, mais la balle elle-même, que l’on s’échange entre hommes (volée, reprise, perdue, retrouvée etc).

Sauvez-la-princesse : fantasme de base de l’adolescent hétéro ?



samedi 15 mars 2014

Debout


Grâce à une rigoureuse préparation physique que m’ont envié tous les entraîneurs de Sotchi, un mental d’acier (Mimulus + Star of Bethleem), un appareil reproductif en platine galvanisé et une fluidité sanguine rien de moins qu’adéquate, l’opération s’est déroulée aussi bien qu’elle le pouvait.

C’n’est pas peu dire : les lésions avaient amorcé une régression dans mon cul-de-sac chéri...

J’ai même pas vomi mon anesthésie, alors dès que j’ai pu sentir mon plancher pelvien et libérer ma vessie, j’ai tiré un feu d’artifice.



Volu est debout !

vendredi 14 mars 2014

Conisation


A prononcer très vite : conisation, utérus, aménorrhée, dysménorrhée, parturition, glaire cervicale, trompe de Phallope, cul-de-sac vaginal.

Bienvenue en Gynécologie.

Quand vous lirez ces lignes, je m’éveillerai doucement, telle la Belle au Bois Dormant dans son cercueil de verre sous les lèvres du Prince Charmant, avec un utérus tout neuf.

Plus concrètement, ce sera dans une clinique privée, après une anesthésie générale, une conisation à la anse thermique et une vaporisation laser dans le CSV, le tout par les voies naturelles. Le Prince Charmant n’a qu’à bien se tenir.

Ça en jette comme ça, avouez que ça donne envie d’en savoir plus.
Ma chirurgienne est un bon médecin : elle explique, elle demande si j’ai des questions et y répond. Avec le langage des médecins, bien sûr.



Je n’ai pas eu d’explication pour l’opération au laser. Il se trouve que le virus a également attaqué la paroi de mon CSV (ça me fait rire parce que même mon médecin traitant n’a pas compris cet acronyme utilisé dans le rapport de biopsie. Il s’agit du Cul-de-Sac Vaginal, la portion de vagin au-delà du col, son « bout ») mais a priori suffisamment peu pour que ce soit traité ainsi. Le verbe employé est « vaporiser ». En rassemblant mes connaissances en termes de vaporisation et de laser, connaissances issues des films de SF et de la série Urgences, j’arrive à imaginer ce que peut vouloir dire « vaporiser au laser »...




Conisation : a priori ça ressemble à con, et on a raison de le croire, mais à tort bien entendu. Ce mot ne tient pas son nom du con qu’on opère, mais du cône qu’on y pratique, pour retirer les lésions d’une part, et pour les analyser méticuleusement d’autre part.

dimanche 9 mars 2014

Le viol, arme de destruction massive en Syrie (comme ailleurs)

Hama 30, Khalil Tounès (2011)


Hier j’ai ouvert et lourdement refermé le Monde.


C'est le crime le plus tu, perpétré actuellement en Syrie. Un crime massif, organisé par le régime et réalisé dans les conditions les plus barbares. Un crime fondé sur l'un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne et sur le silence des victimes, convaincues de risquer le rejet par leur propre famille, voire une condamnation à mort.

C'est un crime qui anéantit les femmes, détruit les familles et disloque les communautés. Un crime que les hordes de réfugiés fuyant la Syrie pour les pays alentour désignent comme la cause principale de leur départ, mais que les enquêteurs de l'ONU et toutes les ONG peinent à documenter tant le sujet est douloureux.

samedi 8 mars 2014

Femme nue



Lorsque tu regardes quelqu’un, tu n’en vois que la moitié.
 (Proverbe populaire)




dimanche 2 mars 2014

Shame - Steve Mc Queen (2011)




Long, lent et plat… Shame, le film de Steve Mc Queen sorti en décembre 2011, n’aura pas été l’amant de la semaine... ça tombe bien, j'imagine, c'est le propos du film.


Brandon (Michael Fassbender) est le « héros » de cette histoire. La trentaine qui ne va pas tarder à grisonner, il faut se figurer cet homme d’affaires new yorkais comme un croisement entre le héros hygiéniste de Bienvenue à Gattaca et l’érotopathe Humbert Humbert de Nabokov. Le genre de gars qui désinfecte la cuvette des WC avec frénésie avant de se masturber au-dessus.

Dès les premières images, tout nous explique combien il est malheureux, Brandon.