dimanche 5 mars 2017

Les Eaux de Mars - Georges Moustaki

Les Eaux De Mars
(Vagabond - 1974)




Un pas, une pierre, un chemin qui chemine 

Un reste de racine, c'est un peu solitaire 
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil 
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvert 

Un arbre millénaire, un nœud dans le bois 
C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air 
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond 
Le mystère profond, la promesse de vie 

C'est le souffle du vent au sommet des collines 
C'est une vieille ruine, le vide, le néant 
C'est la pie qui jacasse, c'est l'averse qui verse 
Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de Mars 

C'est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent 
C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance 
C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine 
Un reste de racine, c'est un peu solitaire 

C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose 
Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire 
Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte 
C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout 

Un poisson, un geste, c'est comme du vif argent 
C'est tout ce qu'on attend, c'est tout ce qui nous reste 
C'est du bois, c'est un jour le bout du quai 
Un alcool trafiqué, le chemin le plus court 

C'est le cri d'un hibou, un corps ensommeillé 
La voiture rouillée, c'est la boue, c'est la boue 
Un pas, un pont, un crapaud qui croasse 
C'est un chaland qui passe, c'est un bel horizon 
C'est la saison des pluies, c'est la fonte des glaces 
Ce sont les eaux de Mars, la promesse de vie 

Une pierre, un bâton, c'est Joseph et c'est Jacques 
Un serpent qui attaque, une entaille au talon 

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire

C'est l'hiver qui s'efface, la fin d'une saison
C'est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
La promesse de vie, le mystère profond
Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

Un pas, une " ... pedra é o fim do caminho
E um resto de toco, é um pouco sozinho ... "
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire...

jeudi 9 février 2017

There will be blood


Ce post philogyne suit le fil de mes cycles menstruels. C’est-à-dire que chaque mois, quand j’ai mes règles, je l’actualise en ajoutant des images, des liens ou des vidéos, les plus belles, les plus drôles ou les plus éloquentes sur le sujet. Si tu es d’humeur badine, tu peux t’amuser à calculer quand j’ovule.

Tu remarqueras que cette page est lourde et longue à ouvrir et qu’en plus, elle reste presque toujours sur la page d’accueil. Dis-toi que c’est métaphorique.


*9*2*17*


Thinx

Melograno - Hic est sanguis meus

mercredi 8 février 2017

Adam et Dieu (Genèse d'un doute)


L'Ancien des Jours,
de William Blake (1794)



Aujourd’hui, je voudrais qu’on prenne un peu de hauteur, afin de gagner en profondeur de vue. C’est assez simple : en oubliant deux secondes (en fait un peu plus, disons le temps qu’il te faut pour lire cet article) qu’on est un individu ici et maintenant, on peut arriver à penser que l’on est un membre de la grande famille humaine. Élargir, c’est relativiser. Autrement dit, je te demande de prendre conscience que tu n’es pas tout.e seul.e, que des milliards (MILLIARDS. MI-LLIARDS) d’hommes et des femmes ont agi, pensé et parlé avant toi, que d’autres agiront, penseront et s’exprimeront après toi et que tout ça forme la belle histoire de l’humanité. Tu y es ?

Eh bien allons plus haut encore, dans l’infiniment grand, là où l’individu d’ici et maintenant est infiniment petit.

C’est un texte légèrement cosmogonique que j’ai écrit il y a quelques mois et qui essaie d’imaginer à quel moment ça a merdé, entre l’humanité et le reste du monde, c’est-à-dire entre les hommes et les femmes. Selon moi, ça ne date pas d’hier. Hum. Pour la forme, l’énonciation théâtrale est purement pratique (j'avais besoin d'immatérialité, de descriptions marrantes et d'un acte premier) mais j’ai trouvé drôle d’imaginer comment le mettre en scène réellement. Pour le fond, j’avais envie de faire rimer féminisme avec pacifisme. Pour le produire, j'ai fait s'accoupler une Bible toute neuve et mon vieil exemplaire du Tarot Initiatique, symbolique et ésotérique. Oui, c'était marrant de les regarder faire. Il sera donc question de Dieu. Il sera aussi et essentiellement question d’humain et encore plus essentiellement d’homme. Si tu es une femme, avant de commencer la lecture, il convient de procéder à un protocole magique ; répète quatre fois :

« Je suis pure ! Je suis pure ! Je suis pure ! Je suis pure ! »

Bonne lecture.


Résumé des épisodes précédents :

Création de l'Univers, SCIENCE & VIE N°1171,  Avril 2015
Création du système solaire
Dieu et la Création d'Adam (détail), par Michel Ange (1512)


ADAM ET DIEU
(Genèse d’un doute)

ACTE PREMIER

Scène 1

DIEU : Salut, Adam.
ADAM : Bonjour Dieu.
DIEU : Tout va bien pour toi ?
ADAM : Oh oui !
DIEU : Il fait bon ?
ADAM : Tout est parfait ! Comme ce monde est beau ! Et comme il tourne bien !
DIEU : Tu aimes cette lumière ?
ADAM, impressionné : Et comment ! Tu as dû y passer des jours pour marier ces nuances subtiles d’or, d’émeraude et de violine !
DIEU : La lumière me passionne depuis le premier jour, c’est elle qui révèle les couleurs. C’est important les couleurs. Je les choisis en prenant mon temps, une par une.
ADAM : Ça se voit !
DIEU : La musique te plait ?
ADAM : Divine ! Céleste ! Immanente !
DIEU : C’est que tu as l’oreille musicale ; c’est l’avantage de t’avoir fait à mon image. Dans le fond, ma capacité à émettre des sons est aussi complète que la tienne à les entendre. Tu me comprends si bien…
ADAM : C’est vrai, je me sens limpide et résonnant. Je suis ton cristal.
DIEU, agréablement surpris : Poète !
ADAM, en poussant Dieu du coude d’un geste tendre : Comme toi, va… Je te dois tant. Merci, vieux.
DIEU : Avec plaisir, fils.

Passe un peu d’éternité béate.

mardi 7 février 2017

Étant donnés... - Marcel Duchamp



Aussi séduisante que puisse paraître cette installation (parce qu’il y a une femme à poils nue au milieu ?), elle me laisse une vilaine sensation. La femme n’est pas un écrin de confort, au parfum de paradis perdu. C’est pas l’eau et le gaz à tous les étages, pardon mais merci bien. Le repos du guerrier ! Quand tu as quelques notions de géopolitique cette expression te fait frissonner de terreur.

Y a beaucoup de choses qui coincent ici. J’ai comme la sensation qu’on a fait du mal à l’origine du monde. Vu comme ça, la femme n’est qu’un cadavre (ce que semble confirmer le commentaire d’Hypathie ci-dessous). Un corps sans tête.

Et puis, surtout, cette vision de la femme, c’est une inversion conceptuelle, une perversion intellectuelle. Je te le prouve demain !!



Étant donnés : 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairage... - Marcel Duchamp (1966)

jeudi 26 janvier 2017

J'aime Pamela Anderson

David Lachapelle


Tiens, une synchronicité sympa que nous a donné l'année passée, au cas où ça t’aurait  échappé !

Merci toi, qui m'a mise sur cette piste :)


Tu te souviens de ce jour de janvier de 2016 (R.I.P.), le 19 précisément, où Pamela Anderson devait se rendre à l’Assemblée Nationale, invitée par la députée écologiste Laurence Abeille pour défendre la cause des animaux ? Voilà l’information qu’on pouvait trouver, à 6 heures du matin :

Pamela Anderson à l'Assemblée nationale : affluence record attendue dans l'hémicyle
De nombreux députés ont prévu de se rendre dans l'hémicycle mardi 19 janvier. L'actrice canadienne Pamela Anderson y tiendra notamment un discours pour la cause animalière.
PAR DOMINIQUE TENZA , JULIEN QUELEN  PUBLIÉ LE 19/01/2016 À 06:00 MIS À JOUR LE 19/01/2016 À 06:12

Le même jour dans l’après-midi, on apprend que Pamela Anderson « crée l’émoi / met le feu / déclenche une émeute / provoque la cohue / sème la pagaille »… Que s'est-il passé ? C'est people ou politique comme sujet, au fait ?

mercredi 18 janvier 2017

Échelle de l'engagement : 100 nuances d'amour




Ça a été compliqué d’écrire cette série d’articles, parce que ça a été compliqué à vivre. Rétrospectivement, j’ai vraiment bien aimé les vacances. Concilier les besoins du corps et les exigences du cœur… Je pensais que chercher c’était déjà trouver. Je pensais assez savoir ce que je ne voulais pas pour mériter d’avoir ce que je voulais.

La bonne blague !

Parce que dans la Vie, t’es là pour apprendre des trucs (!), pas pour mériter, avoir raison et te branler la nouille gentiment.

Un article mathématique.



J’en étais donc , patiente, (encore) sereine et solitaire, à me dire que je sortirais bien du célibat, et par la même occasion, de l’abstinence. Sur la route, j’avais rencontré une Petite Complication, à savoir que les mecs biens étaient plus nombreux que je le croyais, ce qui était quand même une bonne nouvelle. Le monde était si merveilleux, d’un coup.

dimanche 15 janvier 2017

Abstinence : stratégies





Après avoir défini l’abstinence, je voudrais vous parler de mon expérience personnelle. Parce qu’il y a la théorie, et puis il y a la pratique. On l’on voit que s’abstenir, c’est vraiment un acte qui se pose là.



2 ans, 4 mois

29 mois, de novembre 2013 à avril 2016. C’est mon record d’abstinence personnel. J’ai décidé d’y mettre fin comme je l’avais commencé : après y avoir mûrement réfléchi. Avant cela, depuis le début de ma vie sexuelle qui a commencé dans ma seizième année (donc en seize ans), je n’avais jamais espacé deux rapports sexuels de plus de deux mois.


samedi 14 janvier 2017

Abstinence

Asaf Hanuka



Ça te dit qu’on en parle ? Définition, contradiction, confession.



Ce mot, qui rime bien avec patience, romance et continence, est un dérivé d’un de nos mots bien latins, le verbe abstenere, où ab exprime l’éloignement et tenere l’acte de tenir.