mercredi 18 octobre 2017

(MOOC) Violences faites aux femmes / la violence conjugale




Le premier thème abordé par ce MOOC est la violence conjugale : la plus intime. En 2014, 134 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints. Pour des raisons assez évidentes (les mêmes ressorts patriarcaux sont en action), le sujet est étendu à toutes les violences intra-familiales, au viol, aux agressions sexuelles, à l'inceste... En public, en collectif, en société, dans le métro, au travail, nous sommes toujours potentiellement les épouses ou la fille de chaque homme. Interdiction de s'appartenir !

Je rappelle qu'il s'agit de partager avec vous une partie de ce cours, quelques vidéos, avec quelques liens et quelques notes rapides qui vous donneront déjà pas mal de grain à moudre. C'est donc plutôt un partage de ressources, avec des extraits, sans autre commentaire. Je pense qu'il faut les diffuser, si on le peut !


(Les vidéos des cours sont réalisées par le Centre Virchow-Villermé, l’Université Paris Descartes, l’Université de Genève et l’ANEO)



Les infos à retenir

- Un numéro d’appel gratuit pour les femmes victimes de violences : 3919
- Un numéro d’appel pour les femmes victimes de viol : 0800 05 95 95 (Viols Femmes Informations, par le Collectif Féministe Contre le Viol)
- Le téléphone grave danger (c’est vraiment un téléphone, pas un numéro ! - dispositif à l’état de balbutiement)

- Chaque année, 220 000 femmes sont victimes de violences dans le cadre familial ou conjugal. En 2015, 122 femmes et 36 enfants ont été tués par ces violences.

- Une agression sexuelle sans pénétration est un délit. Une agression sexuelle avec pénétration est un crime de viol (commis sur la personne d'autrui par la violence, la menace, la surprise ou la contrainte), puni de 15 à 20 ans de réclusion criminelle.

- Le délais de prescription pour les victimes majeures est de 10 ans. Il est de 20 ans après la majorité pour les victimes mineures au moment des faits.

La violence conjugale : définitions

- Intervention d’Ernestine Ronai, coordinatrice nationale « Violences faites aux femmes » de la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences (MIPROF).

video

Relation de couple inégalitaire (c'est toujours le même...) et totalitaire (... qui décide de tout) >> emprise = dévalorisation systématique : « tu es nulle » + dépendance affective : « je t’aime »
Chronologie de la violence
1) violences psychologiques (jalousie, dévalorisation… usent et cassent la personne)
2) violences verbales (silences, cris qui effraient toute la famille)
3) violences physiques et sexuelles (coups, viols, maîtrise de la contraception et du corps)
4) violence économique (séquestration du salaire, interdiction de travailler…)
5) violence administrative (séquestration des papiers / carte vitale / diplômes…).

Cycle de la violence
1 - Tensions jusqu’à l’agression
2 - Justification et déresponsabilisation (la violence est reconnue mais justifiée : « tu l’as cherchée »)
3 - Rémission (« lune de miel »)
4 - Répétition du cycle, de plus en plus vite et de plus en plus aigu.

La stratégie de l'agresseur
- isoler sa victime (pour l'empêcher de parler)
- dévaloriser, déshumaniser sa victime (pour qu'elle ne se donne plus le droit de parler)
- assurer son impunité et chercher des alliés (pour annuler la parole de la victime)

Pour soutenir une victime, on choisit la stratégie inverse !
- rapprocher, écouter
- valoriser, encourager
- assurer la sécurité, soutenir l'intégrité morale et physique 

- Détecter, prévenir et prendre en charge la violence conjugale (pdf)

mardi 17 octobre 2017

MOOC Violences faites aux femmes





Depuis un mois, je suis le cours « Violences faites aux femmes » sur Fun Mooc. La formation, lancée et dirigée par l’Université Sorbonne Paris Cité, est riche, pertinente, éprouvante aussi… Comme ça résonne pas mal avec ce qui se passe sur les réseaux sociaux en ce moment (tu sais, Weinstein, #balancetonporc, toussa toussa), j’ai souhaité partager cet apprentissage avec vous, du moins une partie. Je ne peux que vous encourager à vous inscrire à cette session (nous en sommes à la cinquième semaine sur neuf, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30.10.17) ou à attendre la suivante (s’il y en a une !). De mon côté je vais mettre ici quelques archives dans les jours à venir, regroupées par thèmes et actualisés régulièrement.

Bon courage.



dimanche 15 octobre 2017

Match Point / Jour 3




Après les prémisses, la rencontre, l'approche et enfin la parade, on en est arrivé au match point. Le premier jour on s’est reniflés. Le deuxième jour on s’est mélangés. À l’aube du troisième jour, je suis toujours dans son lit. Ambiance lascive, on suspend le temps un jour de plus.



Jour 3 (le jour le plus cool)

Là, ça devient carrément orgiaque. Ma physiologie se met à prendre le dessus sur tout le reste, c’est très sensuel et en même temps pas mal gênant.

Bon, alors je vais vous dire, cette propension que j’ai à expulser l’eau de mon corps, c’est comme toi, j’y suis pour rien. Quand je fais du sport ou qu’il fait chaud, c’est invraisemblable la flotte que je peux accumuler entre mes deux seins. Mais le plus drôle, c’est quand je suis nue. Je deviens alors toute sèche, sauf des aisselles. Là, je me mets à produire une, deux petites perles de sueur grasse. Ça roule sur mes flancs, ça fait des chatouilles c’est marrant. Tu sais ce que c’est ? De la sueur émotionnelle. Ce n’est pas vraiment de la sueur parce que c’est plus gras (un peu blanchâtre d’ailleurs), plus rapide, moins abondant et que ça porte les odeurs : ça pue la peur et le désir. Comme Johnny Boy chauffe beaucoup trop son appartement et qu’on passe la journée tous nus sous la couette, ben j’ai pas froid et j’ai plein d’émotions, c’est sûr. Lui, il est plutôt discret olfactivement. Il se lave tous les jours, voire deux fois par jour ; je me mets à avoir honte, alors que ça fait vingt ans, depuis mon adolescence, que j’ai appris à vivre humide tout en gardant une hygiène rigoureuse. Alors, c’est pas la mer à boire mais ça élargit juste encore un peu mes failles personnelles.

samedi 14 octobre 2017

Match Point / Jour 2




Personnellement, je me relis, je fais une crise d’apoplexie à chaque fois. Comment le début de notre relation a-t-elle pu être si catastrophique ?? Physiquement et psychologiquement, j'étais pas préparée, ça a été un choc énorme de partager à nouveau le lit et les journées de quelqu’un.


T’es paumé.e ?



Jour 2 (le jour le plus long aussi du coup)

Quand je renonce à dormir et que je me lève aux alentours de 8 heures - tout le monde dort - j’ai un casque en plomb sur les oreilles, le cœur qui bat n’importe comment et les jambes un peu molles. Je trouve moyen de prendre ma voiture et de ramener autant de croissants que le contenu de mon porte-monnaie le permet (quinze). Je prépare un café, je lis un journal qui traîne, je mange. Les gen.te.s se lèvent les un.e.s après les autres, un peu flou.e.s, on a toustes une haleine et une coupe de cheveux de poney, ça renverse du café sur le bar à cause des micro-tasses de café que les croissants rentrent pas dedans ; convivial. À 11 heures, Johnny Boy apparaît, en panique : la meuf qui était dans son lit hier soir n’y est plus ! Quand ses deux yeux font le point, il me voit.

Ça faisait un moment que je n’avais pas été regardée comme ça. Psychologiquement, ça m’inonde de plaisir. Je suis carrément d’attaque pour lui vendre le bon dieu.

Une heure plus tard (café, pétard), j’ai chaussé la Micra et je le suis par les petites routes qui mènent chez lui… En chemin : Ben Harper.


J’ai le ventre qui papillonne et les pieds qui fourmillent, c’est génial ; mais c’est facile. Aller chez lui, pénétrer son intimité et me retrouver en terrain inconnu, ça a été la barrière la plus facile à lever.

vendredi 13 octobre 2017

Vanité


Vanité, Juriaen van Streeck
(1670)


Aujourd’hui, un mot !

Je suis un vieux mot, le temps, la peinture et la littérature m’ont largement anobli. Pourtant, je suis péjoratif, malgré la proximité de sens que j’entretiens avec la Gloire. Ce qui m’en sépare ? La vacuité ! Que de la gloriole ! Je suis vain, vide, bientôt mort et pourtant je me vante, je suis, je suis…


Tout est vanité,
Charles Allan Gilbert (1902)



Vanité
Substantif féminin
du lat. vanitatem, de vanus, vain.

Le terme de vanité traverse et innerve le Grand Siècle. Ce succès, dans la langue et dans l’usage, tient en partie à la complexité d’un mot déjà fort ancien au XVIIe siècle et qui, dès l’origine, se caractérise par sa dualité. Semblable à Janus, la vanité offre en effet deux visages. Protubérance présomptueuse, sa face convexe est boursouflée de prétention et d’envie : c’est la vanité vaniteuse, parent pauvre et ridicule de l’orgueil. À l’avers, sur sa face concave, se dessine au contraire le profil déprimé d’une vanité sage, opérateur de déréliction et pédagogue de la désillusion, par la conscience que tout est vain, par la perception lucide du néant. Les deux qualificatifs, « vaniteux », d’une part, et « vain » de l’autre, s’opposent ainsi diamétralement par leur acception et leur application, même si leur commune référence au substantif « vanité » les associe, les superpose même – la vanité présomptueuse n’exprime-t-elle pas à son paroxysme la vacuité des illusions humaines ? 


jeudi 12 octobre 2017

Match Point / Jour 1




Je continue de te raconter comment cette drôle d'histoire a commencé ? Aujourd'hui, c'est Blanche-Neige, cette oie blanche, qui va prendre, du point de vue des illus. C'est juste pour le plaisir de faire des recherches sans fin sur internet, le sujet s'y prête si bien. C'est fou tout ce que tu ramasses si tu tapes "princesse"...

Je vais conclure !

Mais pas si facilement. Le match point fut intense, intime et aussi bien long : trois jours. Trois jours de musique, de sexe, de sang et de poils. Accroche-toi.


On y va.


Jour 1 (le jour le plus long)

J’ai bossé toute la journée à ingurgiter l’anthologie élargie de la poésie française, à y chercher des femmes poétesses, je lève la tête de mon labeur quand je remarque que ma meilleure se prépare pour la virée du vendredi (de la vapeur sort de la salle de bain et elle essaie plusieurs jupes, plusieurs collants et plusieurs chemisiers). Je suis moyennement en mode teuf (c’est à cet instant que j’aurais pu le rater), mais je décide d’y aller (merci moi), en me disant qu’il y sera peut-être. Je me prépare laborieusement : j’enlève le pyjama que j’ai porté toute la journée et j’essaie plusieurs pantalons, plusieurs pulls et plusieurs paires de chaussures. J’ai rendu visite à un coiffeur il n’y a pas si longtemps, je me suis épilée la moustache deux jour plus tôt, je décide que du point de vue pileux, j’en ai assez fait comme ça. J’ai des anglaises qui commencent à se former dans la culotte et mon poil d’hiver sur les jambes, mais c’est pas ce soir que je vais conclure de toute façon, je me dis, vu que j’ai mes règles.

Bloody princess - Saint Hoax