lundi 18 septembre 2017

Dieu - Java



Avec ses paroles mythiques (c'est pas de la menthe à l'eau), on pourrait qualifier cette chanson de conte du pourquoi : pourquoi j’ai mal à la tête le dimanche ?

Parce que le septième jour, dieu créa la flemme.

Java, la Zazie du rap.

Vidéo : merci Albemouff.



C´était un jour pas comme les autres, commence par une chose extraordinaire : je me suis réveillé la tête dans le cul, ça m´était pas arrivé depuis hier. Rien à faire, qu´est-ce que je fais là ? Un jour de plus d’ennui, mon foie me pardonne plus. Je crois que c´était un… samedi ? Je suis rentré dans une église, j´ai appelé Dieu, comme Don Camillo. J'avais vu le film mais rien à faire, il sortait rien de là-haut. Je me suis dit un tel mégalo, y a qu´une solution pour le sortir de la perfection. Alors je l´ai traité de tous les noms :
- Gros con, enculé, descends si t´es un homme ! Je la prends dans le bain, Marie, je lui parle toutes les langues de Babel et je te maudis !

La terre a tremblé, bruit de tonnerre… Deux mille ans qu´il avait pas mis les pieds sur Terre !

Il tapé une Christ...de nerfs !

J´ai tapé le flip devant le barracuda, il avait moins le physique de Jésus Christ que celui de BouddhaJ´ai joué les martyrs, il m´a pardonné, il a fait une croix sur l'embrouille et on a bu un demi accompagné de quelques olives. Je lui ai dit :
- C´est quoi l´art de vivre ? Le monde moderne m´emmerde, j´ai pas l'esprit d´initiative. Mais qu´est-ce que je fais là ? Affalé, fou, fêlé, un feignant ! J´ai le flow, décontracté du gland. J´ai des relents de buffet froid, y en a qui rêvent de soirées Ferrero, de Ferrari, moi je voudrais finir comme dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri.

Il voulait voir le désastre, je l´ai emmené à Pigalle. Surpris et naïf il a été choqué mais dans ses yeux s´est allumée une lueur de vice. Il m´a dit :
- Une église ?
- Non quelque chose de plus classe
J´ai fait :
- Taxi ! Au Palace !

Dans la teboi on était frac´, que de la tétek qui te pète les ‘rones, un max de branchés « tu me mates, je te mate » ; pas trop mon truc. Je fais :
- On s´arrache.
Il m´a dit :
- Non, faut que je me lâche, t´as rien à meffe?
- Tu veux du teuchi?
- Amen le cône.
 Et il a pris un exhostie, il a fait la danse de Saint-Guy, on s´est fini en after à l´Enfer, il a croqué le fruit défendu, il est parti s´envoyer en l´air à l´hôtel avec une bombe sexy qui avait le diable au corps, pécher les plaisirs de la vie et puis à onze heures du matin, je l´ai repêché gisant tout en suaire avec une bonne crise de foi. Il a béger, baptisant le parterre. Son souffle divin avait des relents d'outre-tombe. Il m´a dit :
- Où est la lumière ? Je sombre... Mais qu´est-ce que je fais là, affalé, croquant le fruit défendu ? Tout ce qui est foireux me fascine, il faut que je me casse avant d´être foutu… On est quel jour ?
- Dimanche !
- Le septième… Faut que je change le système.

Et Dieu créa la flemme.

C´est devenu un frère, un compagnon de galère. Pour moi il a fait un pacte avec Saint-Pierre : j´ai le droit d´emmener un pack avant ma mise en bière. Et puis il a voulu rentrer chez lui. On a pris le premier RER de cinq heures et demie, l'omnibus pour le paradis. On a fait un arrêt à l'épicerie, mais arrivés à la gare, c´était la grève. Il voulait rentrer dans l'au-delà mais on était dedans jusqu´au cou. Cherchant du rêve, on est resté sur le banc à regarder les hommes brasser du vent. Si vous cherchez une fin à la chanson, bah y en a pas vraiment, hein… On a juste fini par se demander :
- Mais qu´est-ce qu'on fait là ? Affalé, fou, fêlé, un feignant ! J´ai le flow, décontracté du gland. J´ai des relents de buffet froid, y en a qui rêvent de soirées Ferrero, de Ferrari…
- Moi je voudrais finir...

vendredi 8 septembre 2017

Johnny Boy : approche et parade



J’avais l’air un peu trop amoureuse, ou trop déterminée à l’être, je sais pas, en tout cas, je lui ai plutôt fait peur. Je dois vraiment avoir l’odeur d’une princesse Disney, alors que je ne suis que stupre et égoïsme ! Non, non je ne suis pas tombée amoureuse, mais oui, j’avais l’intention de le devenir. Attends, attends, j’te raconte.



Human Anatomy - Sveta Dorosheva
Approche

Donc, je le rencontre, je me dis Oh la la et le trekking commence. N’imagine pas un interrogatoire serré et anxiogène avec force vino pour trouver la veritas, non, je fais ça avec douceur et circonspection : de loin, j’observe, j’écoute, ça me prend des semaines, l’air de rien. Il est toujours souriant avec moi, il cherche la conversation mais ça reste assez distant. Je questionne un peu ses amis, je prends note du rythme de ses beuveries, j’évalue aussi subtilement que possible sa vie sociale et je détermine la valeur de quelques critères moraux de base, par exemple son rapport à l’argent, à la nature, au travail, aux femmes, à la violence. J’ai ainsi découvert un curieux mélange de matérialisme et d’écologisme, avec une tchatche cultivée pas trop testostéronée, voire franchement cordiale, le tout largement saupoudré d’humour. Non, je n’ai pas un petit calepin où je compile mes renseignements, en vrai il m’a fallu des mois pour retenir son prénom. Je glane, je moissonne ici ou là, à l’occasion. En plus, j’ai un autre gars sur le feu (le « 96 ») et puis un amant sporadique (le plan Q), du coup je tiens moi aussi mes distances. On se lance de menues perches, des petites œillades amicales.

mercredi 6 septembre 2017

Johnny Boy : prémisses et rencontre






Ouhla ! Ça prend la poussière par ici ! Je vais ouvrir portes et fenêtres et faire rentrer de l’air frais dans les jours à venir. Et je vais même commencer tout de suite : je t’ai promis de te parler de Johnny Boy. C'est le mec que je suis avec.

C'est peut-être rapport à mon innocence (ah ah) que j'ai perdue maintenant que je suis grande (j'ai pas tout perdu je te rassure, je me suis encore trouvé de beaux restes de naïveté il n'y a encore pas si longtemps), mais elle a été étrange à nouer cette relation. J'ai rarement été aussi lucide et ça a rarement été aussi compliqué. Je voulais une relation sur-mesure et le plus long, bah, ça a été de prendre les mesures... 

J'y suis arrivée quand même.
Blanche neige - Franz Jüttner (1905)



Prémisses

Tu te souviens? J’en étais là, coincée au milieu de mon échelle de l’engagement, entre la peur de redescendre et celle d’aller plus haut, toute frustrée d’avoir autant de sexe que je voulais, mais pas un gramme d’amour à palper réellement, à me demander cékoilamouraufon ? Je voulais convoler, mais je commençais à me dire qu’il n’y avait peut-être pas chaussure à mon pied parce que je me faisais des idées 1) sur mes pieds 2) sur les chaussures qu’il me faut (merdique cette métaphore). Et si je me vautrais dans le fantasme, dans cette recherche d’un homme qui n’existe peut-être pas ? Et si j’allais au-devant d’une chimère ? Je vous fais un portrait de la chimère ?

dimanche 27 août 2017

Je serai alors à jamais bienheureuse


Je serai alors à jamais bienheureuse
Mes paupières brûlantes se refermeront,
Et je retrouverai le don des larmes.


"Facing Up To Reality 1989", pencil on paper, LAURIE LIPTON

jeudi 17 août 2017

Apocalypse was yesterday



"Armageddon was yesterday.
Today we have a serious problem"
Lisbeth /  Millénium




Je trouve que l’Apocalypse, c’est un sujet vachement moderne, drôlement d’actualité même.

J’irai jusqu’à dire : intime.

C’est carrément le fonds de commerce de ma spiritualité depuis des années.