mardi 30 janvier 2018

Les hommes veulent-ils l'égalité ? Patric Jean (2015)






Hop hop hop, on ne faiblit pas, on s’active pour que le tissu (social) ne se relâche pas, que ça reste ferme. Il faut garder les femmes à leur place : dans l’actualité !

Aujourd’hui, une conférence de Patric Jean, le réalisateur du documentaire La Domination masculine, que j’ai déjà partagé dans cet article sur le masculinisme (si j’étais vous, j’irais faire un tour sur le site dédié du film) (et si j’étais prof dans le secondaire, j’irais faire un tour chez les Grignoux). Il a également participé au MOOC Violences Faites aux Femmes que je tâche de vous restituer depuis plusieurs mois.

Tu sais comme c’est dur de retranscrire les propos de quelqu’un ? Je veux pas avoir l’air de me plaindre, je vais être jontille au contraire, j’ai presque tout retranscrit ! J’ai viré quelques digressions (que je te résume quand même, c’est plus fort que moi), mais j’ai ajouté des liens qui rendront le propos plus pénétrant (c’est aussi bon pour la peau le féminisme).





[En intro, petite mise en contexte : c’est justement à Nantes que pour la première fois en France un masculiniste a grimpé sur une grue (la grue Titan, tu souviens ?) pour défendre ses « droits » de père, comme l'ont conseillé les mascus québécois : la grue c’est bien parce que c’est phallique et les droits du père, c’est bien parce que c’est bien.]



Les hommes veulent-ils l’égalité ?


Nous sommes un système inégalitaire, dans un système hiérarchique, qui a au moins 200 000 ans pour ce que l’on en sait de manière empirique, c’est-à-dire avec des preuves formelles, l’analyse de l’ADN mitochondrial des squelettes qu’on peut retrouver qui ont 200 000 ans. On voit bien qu’il y a un rapport hiérarchique, un rapport de propriété des hommes sur les femmes puisqu’il y a 200 000 ans déjà les hommes échangeaient leurs femmes. Quand on retrouve les squelettes, on peut démontrer que les hommes sont de la même lignée, de la même famille, mais que les femmes ne le sont pas. Et toutes les femmes de la lignée ont disparu, donc elles sont ailleurs, ou mortes, mais elles sont en tout cas remplacées par des femmes qui viennent d’autres clans, d’autres groupes. Ce qui signifie que, ou bien elles ont été volées à un autre groupe, ce que l’on retrouve d’ailleurs dans les images mythologiques, l’enlèvement des Sabines… c’est l’idée qu’il y a un groupe d’hommes qui n’a pas de femmes, il va voler les femmes des autres. Ou bien que, et c’est probablement ce qui s’est développé, c’est un échange de femmes, les femmes devenant de facto un bien, un bien matériel, un bien mobilier.

samedi 27 janvier 2018

Homo, par Evelyne Heyer




Saviez-vous que tous les individus humains sont vraiment très, très identiques entre eux génétiquement, contrairement à ce que l'on peut observer chez d'autres primates ? Savez-vous que le foyer de la diversité génétique humaine se trouve - toujours - en Afrique ? Savez-vous ce qu’est l’ADN mitochondrial ? Comment décririez-vous l’intensité de votre tendance à l’endogamie ? Savez-vous ce que la science a à dire du racisme ? Vous ne savez pas ? Alors vous avez besoin d'une spécialiste de l'anthropologie génétique. 

J'en ai justement une à vous conseiller : Évelyne Heyer, dont le Musée de l'Homme retransmet les conférences sur sa chaîne Youtube. Elle est également commissaire scientifique de l'exposition Nous et les Autres, qui bat en brèche les fantasmes qui donnent corps au racisme. N'hésitez pas, ses conférences sont passionnantes et clarissimes !



 

Les populations humaines présentent trop peu de différences génétiques entre elles pour justifier la notion de « race », mais à partir de ces petites différences, on peut retracer l’origine géographique des individus.

La notion de « races », en ce qu’elle sous-entend des boîtes assez étanches n’est pas appropriée pour décrire la diversité génétique de notre espèce dont l’histoire est faite de migrations.

Une très faible partie de notre diversité génétique est le résultat d’adaptation aux environnements et expliquent des différences comme celles de la couleur de la peau.

L’impact de la culture sur la diversité génétique remet en cause l’essentialisation.

C’est sur la valeur morale ou idéologique attribuée par certains à cette diversité génétique que se fondent le racisme et l’anti-racisme.

Evelyne Heyer

samedi 20 janvier 2018

(MOOC) Violences faites aux femmes / la violence sexiste




Je continue de suivre ce MOOC (huitième semaine) consacré aux Violences Faites aux Femmes, autrement nommée « violence sexiste ».

C’est une violence conceptuelle qui contient toutes les violences réelles, celles qui font bien mal. C’est la violence qui sous-tend et permet toutes les autres, de la violence verbale à la violence sexuelle. Elle est quotidienne, sourde, présente depuis l’enfance. C’est le vrai monstre qui détruit les relations entre les hommes et les femmes. Le sexisme n’a pas de religion, mais tout à voir avec la domination, il n’y a que le mot qui soit nouveau. C’est le même joujou qui gigote en présence de racisme, de spécisme, d’esclavage, de prostitution, d’extractivisme et de toute forme de pensée qui place l’homme (et ses besoins) au-dessus de tout le reste, en dépit, même, de sa propre moralité. Le sexisme est une attitude discriminatoire basée sur le sexe, qui dénie l’égalité en droits des sexes (en commençant par n’en imposer que deux). Quoique la notion puisse concerner les hommes comme les femmes, en réalité, partout dans le monde, le sexisme est unilatéral : des hommes vers les femmes (ou de tout ce qui n’est pas assez clairement « un homme »). Ici, c’est le droit à l’intégrité physique et morale, à la parole, à la liberté d’action, à l’éducation et au respect de la personne, bref, les droits les plus élémentaires, qui sont déniés.



Les infos à retenir

Part des victimes de violences physiques selon l'âge

« En 2010 ou 2011, 2,2 millions de personnes de 18 à 75 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles. Les hommes sont beaucoup moins souvent que les femmes victimes de viols et d’autres atteintes sexuelles. Les jeunes adultes et les parents de familles monoparentales sont plus exposés à toutes les formes de violences. Pour un homme sur deux victime de violence, l’auteur est un inconnu. À l’opposé, les trois quarts des femmes victimes de violence connaissent leur agresseur. Notamment, pour plus de 30 % d’entre elles, il s’agit du conjoint ou de l’ex-conjoint. Ces violences conjugales sont rarement suivies de plaintes, en particulier lorsqu’il s’agit d’agressions à caractère sexuel. »


jeudi 11 janvier 2018

Libres ! - Ovidie et Diglee, éditions Delcourt (2017)


Libres ! Ovidie et Diglee



On accuse souvent les femmes les féministes de dégainer tous azimuts, de tout critiquer, de n’être jamais satisfaites et de voir le mâle partout. Ça, c’est parce que le sexisme est systémique et qu’en effet, il est partout. On passe notre temps dedans, voyez-vous. Et plus on le regarde plus on le voit. On leur reproche aussi de se tromper de combat : les femmes voilées violées, ça c’est le vrai combat (mais vraiment violées hein avec des hurlements de refus et des traces de coups).

Alors, d’abord ta gueule j’aimerais préciser une chose : malgré mes effort pour y parvenir, ce blog ne suffirait pas à dénoncer la totalité des horreurs que les hommes font ou ont fait (et feront) subir aux femmes à travers le monde (aka #menaretrash).

Les féministes, on est juste pragmatiques, consciencieuses et ordonnées : on structure notre propos. Parfois on te parle de viols en Syrie et d’autres fois on te parle de harcèlement de rue. Et d’autres fois encore, je te parle d’Ovidie et Diglee, qui s’attaquent spécifiquement aux diktats qui pèsent sur le corps des femmes dans notre société occidentale de petits pères blancs patriarcaux. Il s’agit là des séquelles indubitables de la misogynie (pourtant combattue depuis des décennies) dans notre société démocratique, riche et prospère.

Allez, le menu plus quelques extraits, pour vous convaincre d’acquérir cet ouvrage (en grandes quantités) et de le mettre entre toutes les mains. Le style d’Ovidie est aussi franc que gracile, ça te met bien. En bonus, des VIP et quelques rappels lexicaux-notionnels incontournables pour parfaire ta culture G (attention, les liens sont NSFW - y aura des surpriiiises).



#cumselfie
CHAPITRE 1 - Sirop de corps d’homme (ou Sperme vs cyprine) - Termes connexes : sperme, cyprine, blowjob, éjaculation faciale, cumshot, moneyshot, bukkake / cunnilingus, squirting et cosmétique.


« Si les effets étaient si positifs que cela, les hommes, qui ont la pompe à disposition en permanence, s’en feraient des tartines et des masques. […] Sauf que, curieusement, ces mêmes individus qui vantent les bienfaits du sperme ne prennent que très rarement la peine d’avaler le leur, ou d’aller puiser à une autre source masculine. Pourquoi ? Parce que, d’une part, cela ne correspond pas à l’image qu’ils se font de la masculinité et des représentations sexuelles valorisées. Et, d’autre part, soyons honnêtes, cela a un goût de lait périmé dans lequel auraient infusé des asperges. »