dimanche 19 novembre 2017

Silence ! (2)


You have stolen my silence,
Gehard Demetz



Alors, toi, qu’est-ce que tu tais ? Mais surtout, pourquoi ?


Pour le savoir, parce que vraiment ça me grattait, j’ai cherché toutes les situations on l’on se tait. J’ai peut-être pas tout trouvé, mais j’en ai trouvé vachement ! J’ai voulu les ranger du coup.

Il y en avait des graves et des moins graves, il y en avait quelques-unes qui étaient spontanées et tout plein d’autres qui était plus ou moins obligées. Ça m’a fourni une grille de lecture autrement plus intéressante que bien / mal… Cela dit, c’est marrant, plus c’est obligé, plus ça a l’air douloureux… C’est logique en fait, puisque la notion d’obligation s’étend de la pure liberté jusqu’à la coercition et la contrainte physique : plus c’est forcé plus ça fait mal. Bref, j’ai trouvé différentes qualités de silences. Ainsi classées par degré d’obligation...


Affiche de Paul Colin (1939)
1) par obligation physique, cas à part que j'aurais aussi bien pu mettre en cinquième position
2) par envie spontanée
3) par respect des règles
4) par peur
5) par la coercition physique

... j’en distingue cinq sortes, à qui j’ai donné des noms évocateurs : les silences biologiques, les silences recueillis, les silences obligés, les silences troubles et les silences de mort.

C’est parti. La question était donc : POURQUOI SE TAIT-ON ?

samedi 18 novembre 2017

Silence ! (1)


Le silence de la tombe,
Julien Dillens, 1896 

Chut.

Écoute….

Tu entends ?

Tu entends ce silence ?

T’es toi quand tu parles.


En me lançant dans ce cours, je savais que j’apprendrais des choses. En revanche je ne pensais pas en apprendre autant sur moi. Mon inscription n’avait certainement pas rien à voir avec le fait que j’ai moi-même été victime de violences, je m’attendais à ce qu’il résonne avec ma propre expérience. Mais ça a été plus loin que ça. Il m’a expliqué des choses que je n’avais pas forcément intégrées ou comprises ; il m’a permis d’avoir une vision plus haute et plus globale de la situation (« Nous sommes légion », expression qui nous sera bien utile demain) ; enfin, j’ai trouvé un drôle de dynamisme : un mouvement qui consiste à me voir prise dans un système qui me dépasse, ancien, millénaire et très puissant (je vis en patriarcat) et aussi comme une individu qui a une expérience particulière de ce système. De ma place de soumise normale, j’ai une vue singulière du rôle que je pourrais jouer… si je m’éveillais.

La métaphore du sommeil est commode : l’anesthésie émotionnelle, qui est une conséquence post-traumatique connue et reconnue, est un sommeil de la conscience qui assourdit la douleur. L’être endormi.e possède plusieurs caractéristiques qu’il partage avec la femme victime de violences et particulièrement la femme violée :

- immobilité
- passivité
- inconscience
- activité mentale intense
- position étendue
- silence

Ces caractéristiques, d’ailleurs, sont  semblables à celles d’un.e mort.e.

mercredi 8 novembre 2017

(MOOC) Violences faites aux femmes / les mutilations sexuelles féminines


 

Le MOOC aborde le sujet d'une violence spécifiquement subie par les femmes : les mutilations sexuelles.

Découper le clitoris d’une femme, ce n’est pas juste un acte extrêmement douloureux, c’est aussi compromettre gravement sa santé dans l’avenir, détruire sa sexualité (ne serait-ce même que son envie d’avoir un acte sexuel, et tu sais comment on appelle un acte sexuel sans envie, n’est-ce pas ? un devoir viol !) et augmenter considérablement les risques d’une mort en couches, pour la femme comme pour l’enfant à naître.

C’est une violence de genre et une atteinte grave à l’intégrité des femmes.



Les infos à retenir

- Plus de 130 millions de femmes sont mutilées sexuellement dans le monde. On comptabilise 2 à 3 millions de nouveaux cas par an. La plupart de ces femmes sont originaires d’Afrique subsaharienne ou d’Asie, les régions du monde les plus touchées par ce fléau.

- C’est une violence traditionnelle, intégrée dans les comportements pour des raisons (rite initiatique, hygiène et esthétiques sont indifféremment invoqués) qui n’ont en fait rien à voir avec sa finalité : interdire ou contraindre la sexualité de la femme dès sa puberté.