jeudi 10 juillet 2014

The Dinner Party - Judy Chicago



Judy Chicago, née Cohen en 1939 à Chicago, est une artiste féministe. Très active dans les années 60-70, elle pratique un art politique tourné vers l’émancipation sociale et sexuelle des femmes. C’est ainsi qu’elle change de nom en 1971, pour rompre ses chaînes.

En 1979, elle présente une installation nommée The Dinner Party, qui rend hommage aux centaines de femmes qui font partie de notre histoire. Cette table triangulaire de 15 mètres de côté dresse un couvert à 39 femmes mythiques ou historiques, disposées en ordre chronologique, sur un sol de dalles blanches, dorées aux noms de 999 autres femmes. Ainsi la Déesse Primordiale se retrouve-t-elle à la  droite de Georgia O’Keefe. Chicago donne à chacune de ses 39 convives ses couleurs : un chemin de table et une assiette chargés de symboles, qui forment à la fois un blason et un portrait.




C’est plein de ventres, de sexes et de fleurs, du coup. Dans l’ensemble, ça me fait furieusement penser au lourd cendrier « art contemporain » qu’on trouvait aux Emmaüs jadis, mais aussi aux explosions symboliques et colorées de Déborah Chock. J’adore le travail de broderie, mais aussi les assiettes…

Ici, Chicago nous refait le Panthéon au féminin : la lumière est sépulcrale, le ton d’un festif feutré, doré, solennel. Comme le mien il est tout p’tit, de Panthéon (en colonne : « Panthéon des noms pas très propres »), je ne vais pas manquer l’occasion de l’agrandir et de nous instruire !

Judy Chicago fait en effet œuvre de pédagogie. Non seulement les femmes nommées apparaissent par ordre chronologique (globalement), mais elles sont aussi regroupées sous des « figures », qui sont elles-mêmes des femmes, des symboles de femmes (surtout pour les temps les plus reculés), ou des causes féminines à qui elle souhaitait donner un visage unifié. Ses choix sont discutables à l’infini, historiquement, socialement, tout ce que vous voudrez. C’est toutefois un répertoire unique en son genre, et c’est à ce titre que j’ai voulu le travailler ici. 

Tout en respectant les choix de l’artiste et sa présentation, j’ai voulu rassembler un peu plus ces femmes éparpillées sur le socle du Dinner Party, géographiquement parlant, pour ne pas dire géopolitiquement. Elles appartiennent à des cultures, des civilisations, qui ont été puissantes ou non, ce qui leur a permis d’être visibles aujourd’hui ou pas. Et quand on les remet ainsi dans leur contexte, on voit bien que l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Chaque aile (il y en a trois) est composée de 13 femmes, qui constitueront autant d’articles, afin de bien présenter chacune d’entre elles. Pour chaque article, chaque Grande Femme, il y a aura des dizaines de Petites Grandes Femmes, que j’évoquerai plus rapidement. Vous trouverez les liens wiki (ou autres) qui vous en diront davantage.

C’est parti pour 1 038 bio-express (ou moins express) !






Déesse primordiale – Déesse de la fertilité – Ishtar – Kali – Déesse Serpent – Sophie – Amazone – Hatchepsout – Judith – Sappho – Aspasie – Boadicée – Hypatie



Marcelle – Sainte Brigitte – Théodora – Hrosvitha – Trotula - Aliénor d'Aquitaine - Hildegarde de Bingen - Petronilla de Meath - Christine de Pisan - Isabella d'Este - La reine Élisabeth - Artemisia Gentileschi – Anna van Schurman



Anne Hutchinson – Sacagawea – Caroline Herschel - Mary Wollstonecraft - Sojourner Truth - Susan B. Anthony - Elizabeth Blackwell - Emily Dickinson - Ethel Smyth - Margaret Sanger - Natalie Barney - Virginia Woolf - Georgia O'Keeffe



Et 999 autres femmes…







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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...