samedi 31 mai 2014

Millénium - Les films (5)




PERSONNAGES : faisons la poussière



La série ciné contient une pléthore de personnages, nouveaux à chaque épisode, mais moins que les livres… Les personnages, Lisbeth comprise, sont archétypaux et rapidement esquissés. Ces archétypes – la fille en colère, le mec bien, les journalistes, la police, le juge, l’espion communiste, le psychiatre etc) servent de base à un traitement un peu décalé, et toujours aussi féministant.


Le personnage de Blomkvist est très réussi. Nous avons un quadra un peu tassé, assez commun physiquement, qui porte des vieux pulls en jersey, ne sait pas conduire, demande de l’aide à une femme, entretient plusieurs (non, deux) relations avec naturel, et il lui arrive d’éjaculer un peu vite la première fois. Un gars sympathique, non ? Lui aussi est un peu caricatural, et lui non plus ne changera pas au contact de l’amoOUur et de l’Aventure.

Son dada, c’est la Vérité nue. Il se met quotidiennement sous perfusion caféinée pour ça. C’est un personnage qui possède envers son prochain des vertus empathiques intactes et une intégrité qui font chaud aux pieds, les soirs d’hiver. En revanche, contrairement à Lisbeth, les films ne nous apprennent pas grand-chose de son passé, et on le voit entièrement dirigé par son travail, et par Lisbeth. Des traits habituellement réservés aux personnages féminins.

Les journalistes de Millénium ne font que suivre de loin, au début, les aventures de Lisbeth, et on les voit souvent hésitants, inquiets. Ils font toutefois preuve d’une indéfectible amitié à l’égard de Blomkvist et mènent avec lui son travail d’investigation. Les films ne s’attardent pas vraiment sur eux (on ne les voit que dans le cadre de leur travail) et les relations sont un peu courtement dessinées.

Les Méchants sont absolument affreux, et le premier d'entre eux, c'est le Père, juste avant le Fils (amen) ! Ils sont Méchants, pas dans le sens où ils voudraient détruire la Terre ou envahir l’Ukraine, non, juste dans le sens où ils prennent toute liberté sur le corps et la vie des gens en général et des femmes en particulier. Le Boss des Salopards, c’est Salachenko, le père de Lisbeth, un espion communiste protégé – et oublié – par le gouvernement. Il représente la violence totale, cynique et cruelle. En réalité, il n’est pas grand-chose, et il suffit qu’un vieillard fatigué le comprenne pour qu’il passe à l’as. Le pédopsychiatre Teleborian est le deuxième gros Salopard, il a interné et violé Lisbeth pendant des mois, et il est à l’origine de la tutelle qui la maintient dans la dépendance. Lui, c'est plutôt le modèle du salopard opportuniste et minable. En numéro trois arrive Niederman, le demi-frère de Lisbeth. Un géant en plomb massif, qui ne ressent pas la douleur : une caricature de virilité musclée, bête, méchante et sourde à la douleur. Puis défile une panoplie de nazillons, de politiciens moisis, de juge sans conscience, d’hommes de main veules. En fait, des caricatures d'hommes puissants, le répertoire du film d’action !

Chez les autres personnages de la série, c’est leur physique qui est le plus remarquable : avez-vous compté le nombre de femmes enceintes que l’on croise ?? Les gens ne sont pas particulièrement beaux, ni particulièrement bien habillés, ni particulièrement riches. Ils se présentent sans artifices, dans leurs activités quotidiennes : prendre un repas, ranger les courses, prendre le métro… Il y a beaucoup de femmes, de manière générale et la saga passe le Bechdel test sans souci.




Alors voilà, moi je me demande…

Sans forcément déclarer l’état de guerre totale… Il y a de la place pour construire des films qui ne sont pas le ressassement des mêmes schémas au mieux ennuyeux, au pire sexistes et iniques. Ça fait de l’air dans la tête, c’est bien, et encore Millénium n’y va pas avec le dos de la cuiller, il marave à tour de bras. Mais il est clair que c’est POSSIBLE et que ça peut aussi être attractif. Divertissant, pourquoi pas, quoique le sujet ne s’y prête pas… En tout cas, il vient de se passer quelque chose.


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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...