samedi 31 mai 2014

Millénium - Les films (5)




PERSONNAGES : faisons la poussière



La série ciné contient une pléthore de personnages, nouveaux à chaque épisode, mais moins que les livres… Les personnages, Lisbeth comprise, sont archétypaux et rapidement esquissés. Ces archétypes – la fille en colère, le mec bien, les journalistes, la police, le juge, l’espion communiste, le psychiatre etc) servent de base à un traitement un peu décalé, et toujours aussi féministant.

vendredi 30 mai 2014

Comment parler du cinéma ?








« La séance de cinéma donne souvent lieu à des débats, des rencontres ou des animations de nature très diverse mais qui vont s’appuyer naturellement sur ce besoin ou ce désir de réaction présent chez beaucoup de spectateurs. L’objet des réflexions proposées ici est précisément de fournir aux animateurs quelques pistes pour mener un tel débat à propos d’un film vu de façon collective. On précisera cependant immédiatement que ces réflexions porteront sur les différentes dimensions du film et non sur l’exploitation éventuelle des thèmes dont traite tel ou tel film. Le cinéma est en effet un art de la représentation, et, dans une discussion, l’on passe très facilement du film à la réalité qu’il évoque plus ou moins directement ; mais il ne saurait être question d’aborder ces réalités nécessairement diverses, exigeant sans doute de multiples compétences qui ne peuvent être le fait d’un seul animateur. 
 […] 

mercredi 28 mai 2014

Millénium - Les films (4)



La trilogie propose une galerie de personnages qui sont de véritables déclarations d’intentions. Une déclaration de guerre à la purge habituelle…

PERSONNAGES : Lisbeth, la femme qui n’aimait pas les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Le héros, pour commencer, est une héroïneComme nous l’avons vu précédemment, sa relation avec le second protagoniste, Blomkvist, donne son mouvement au film.

Lisbeth est un genre de sur-femme, un peu un super-héros : elle a en quelque sorte une identité « secrète » (son père n’a pas d’existence légale et son histoire est enfouie avec soin par les services de l’Etat), un costume (Dark), des pouvoirs (elle possède une mémoire visuelle et une résistance physique hors du commun) ainsi qu’un arsenal qui lui permet de rivaliser avec ses ennemis (c’est une hackeuse). Pourtant, c’est juste une femme…

Elle est douée d’une force peu commune pour un personnage féminin, dans une fiction qui tend au réalisme. C’est un point important du message de cette histoire : les femmes possèdent aussi la force, elles peuvent répliquer. Lisbeth sait jouer sur le terrain de ses ennemis. Etre l’égale d’un homme est un impératif absolu. Le personnage a été taillé pour ce costard-là, il n’y aucune trace des éternelles « faiblesses » dont sont affublées les personnages féminins. Lisbeth est une femme c’est-à-dire que c’est un Homme. Point barre.

lundi 26 mai 2014

Millénium - Les films (3)




Millénium - Les films (1)
Millénium - Les films (2)
Le viol au cinéma...


LA STRUCTURE : LA JUSTICE FAITE AUX FEMMES

Le tissu de la saga présente une solidité certaine, les intrigues parallèles sont multiples pour apporter toujours plus d’eau au moulin de Larsson.

Le premier film atteint son premier pivot puis son second lorsque le nouveau tuteur de Lisbeth lui extorque des faveurs sexuelles en sus de son salaire, puis la viole. Ces courtes scènes sont le noyau dur de l’histoire de Lisbeth. L’action ne se concentre jamais longtemps sur elle, mais nous suivons le fil rouge de la saga. Le reste du temps, nous suivons les aventures de Blomkvist. Je remarque d’ailleurs que pour ce premier opus, les synopsis donnés par la plupart des sites de cinéma centrent l’histoire sur lui.

L’égalité du temps de présence à l’écran des deux protagonistes donne des signaux supplémentaires sur les intentions de leur créateur. En matière de parité et de refus des clichés, Stieg Larsson fait feu de tout bois. 

dimanche 25 mai 2014

Ecoute, petit Homme !




En 1945, 
Wilhelm Reich décrivait un monde fait d’hommes qui tuent leurs frères et violent leurs sœurs, de « gouvernements démocratiques » qui se complaisent au commerce avec des brutes de la pire espèce, un monde sans moralité, pour lequel la nature n’est qu’une matière première, en même temps qu’on y hisse des dieux sanguinaires. Le monde dans lequel tu vis lecteur.


L’auteur soutient cette pensée amère : petit homme, si seulement tu refusais véritablement, en ton âme et conscience, de servir le meurtre et la destruction, le monde ne serait pas comme il est.





ECOUTE, PETIT HOMME !
par Wilhelm Reich


Ils t'appellent "petit homme", "homme moyen", "homme commun" ; ils annoncent qu'une ère  nouvelle s'est levée, "l'ère de l'homme moyen". Cela, ce n'est pas toi qui le dis, petit homme ! Ce sont eux qui le disent, les vice-présidents des grandes nations, les leaders ouvriers ayant fait carrière, les fils repentis des bourgeois, les hommes d'état et les philosophes. Ils te donnent ton avenir mais ne se soucient pas de ton passé. Tu es l'héritier d'un passé horrible. Ton héritage est un diamant incandescent entre tes mains. C'est moi qui te le dis ! 

samedi 24 mai 2014

Le viol au cinéma : dis-moi comment tu te divertis...

Comme promis, une proposition de correction de notre atelier féministe d’hier… uniquement à partir de films que j’ai effectivement vus.

LE VIOL AU CINEMA : DIS-MOI COMMENT TU TE DIVERTIS,

JE TE DIRAI QUI TU ES
  
Le viol est un motif délicat… pourtant, il est traité plus souvent qu’à son tour, et d’une manière sans… délicatesse. J’ai trouvé intéressant d’écrire les titres en vert amande quand le personnage principal est une femme, et en vermillon quand c’est un homme...  

vendredi 23 mai 2014

Millénium - Les films (2)



LE GENRE : VIOLENT


C’est le mot qui convient le mieux pour décrire ce film, à condition de le prendre dans toute sa richesse, sa polysémie, son homophonie…

C’est son genre d’abord : policier ou thriller.

C’est son thème ensuite : la violence faite aux femmes.

C’est son contenu enfin, et son message : femmes, voici comment se défendre des violences qui viennent des hommes. En deux mots : DÉFENSE et JUSTICE.

La violence est le point central de cette histoire, elle en est quasiment un protagoniste. Elle est traitée sur le mode réaliste. Les moments de violences physiques sont sporadiques, avec des paroxysmes dans chaque opus.

jeudi 22 mai 2014

Millénium - Les films (1)



Stieg Larsson, un gars bien renseigné et à la parole militante, invente la femme qui n’aimait pas les hommes qui n’aimait pas les femmes, au début de ce millénaire. Je n’ai pas lu les livres, et jusqu’il y a peu, je n’avais pas vu les films non plus. Je sentais bien, confusément, que ça pourrait être heurtant pour moi. Nos chemins allaient forcément se croiser.


C’est finalement ma mère (!) qui m’a mise devant. C’était le second opus, Millénium - La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (juin 2010), réalisé par Daniel Alfredson. Séduite, j’ai déniché le premier, Millénium – le Film, sorti en mai 2009 et réalisé par Niel Arden Oplev. Le récit mène une bataille concrète et constante, contre la violence faite aux femmes et je trouve que le film s’en sort bien dans le dosage je vends mon film / je raconte cette histoire.


Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, (Daniel Alfredson, juillet 2010) qui couronne la trilogie, confirme cette impression. J’applaudis des deux pieds !

Et je ne suis pas la seule : les livres, et dans une autre mesure les films, ont bénéficié d’un accueil très positif du public, et moi je trouve ça drôlement bien, parce qu’ils nous racontent une histoire des milliers de fois vraie et qu’il nous montre aussi une issue.


Pour vous en proposer une étude la plus parlante possible, je jetterai un œil aux TITRES qui nous en apprennent déjà beaucoup, puis aux GENRES affichés par les films, avant d’attaquer la STRUCTURE NARRATIVE, ainsi quune  étude des PERSONNAGES, le véritable trésor de cette histoire.

Vous avez donc le menu pour les jours à venir… Bonne lecture !

jeudi 15 mai 2014

Némésis

Némésis,
par Alfred Rethel, 1853…
ça va chier !



Némésis est une fille comme je les aime… Son nom vient du grec nemeinn, qui signifie « répartir équitablement ». Le surnom qu’on lui donne dans certaines tragédies antiques, Adrastée, signifie « Celle à laquelle on ne peut échapper » ; on la surnomme aussi L’Implacable.

Bref, une bonne copine à moi.

Si vous la croisez, c’est plutôt mauvais signe, c’est pas une rigolote.


Cette – discrète – déesse de la mythologie grecque personnifie la vengeance divine, non pas cataclysmique et aveugle, mais juste et source d’équilibre. En quelque sorte, elle distribue les bons et les mauvais points. Elle punit tout particulièrement l’hybris, la démesure humaine masculine, celle qui consiste à se croire l’égal des Dieux, le truc qui a poussé Prométhée à voler le feu de l’Olympe. Mais pas seulement : elle fesse les enfants désobéissants, venge les crimes d’infidélité ou massacre le trop grand bonheur des nantis.

Ses attributs sont le sablier et la tige de mesure, la roue de fortune, la balance, l’épée et le fléau… elle est parfois ailée, ou montée sur un chariot tiré par des griffons (c’est quand même plus facile pour harceler de remords le quidam trop avantagé).


samedi 10 mai 2014

Ballade des Pendus




Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car si pitié de nous pauvres avez
Dieu en aura plus tôt de vous merci.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

vendredi 9 mai 2014

Table périodique des éléments narratifs


Aujourd’hui, une de mes découvertes au gré des vagues… James Harris nous propose une table périodique des éléments littéraires… tout en anglais. Je me tâte pour en proposer une traduction avant le siècle prochain !

Cette amusante conception permet aussi de donner un résumé de n’importe quelle fiction sous forme de molécule…



jeudi 8 mai 2014

La journée d'un génie

Entre les pages du dernier Courrier International (n°1227 du 7 au 14 mai 2014), il y avait des petits camemberts qui me faisaient penser à quelque chose...  


Apparemment, ça prend du temps...

(Notez qu'il n'y a que des hommes)

dimanche 4 mai 2014

Etoiles


Ma passion pour le cinéma me pose bien des questions. Je me suis demandé comment j’y suis arrivée. A priori, j’ai peu ou pas d’affinités avec cette industrie tapageuse, élitiste, coûteuse, souvent ridicule et porteuse des valeurs de grand-papa à la puissance cent milliard.

Heureusement, ça ne décrit pas toute la production cinématographique. Et en la matière, mes découvertes éclairent d’un jour nouveau les reproches que j’ai à faire au cinéma « mainstream »… sans ôter le plaisir que j’ai parfois à le voir, bien au contraire.

J’y suis venu par l’écriture, bien sûr. Il y a des histoires qui ont absolument besoin d’images.
Et paradoxalement, par la lecture : par un processus que je n’ai pas bien cerné, je suis en proie à UN REFUS DE LIRE DES ROMANS absolument ridicule et incompréhensible. Sans cinéma je ne découvrirais plus d’histoires (exceptions faites de contes et de divers ouvrages pour la jeunesse).

Aussi, après le Bechdel Test et les critiques que vous trouverez dans Les Lectures / A l'affiche (colonne à droite), il me fallait un article dédié à l'évaluation critique. Mettre des étoiles, tu sais.

J’avoue j’ai été biberonnée au Télérama. Je ne sais pas comment ils attribuent leurs « étoiles » (en fait un petit bonhomme qui saute de joie ou tire la gueule), s’ils sollicitent l’avis de plusieurs experts, ou juste d’un gars, s’ils mettent des notes dans des grilles de lecture et font des moyennes ou si un à un moment ils font un vote démocratique ou quoi, mais c’est pas toujours évident de dire si un film est nul ou bien. Je veux dire, qu’en fait, on le sait très bien si on l’a trouvé génial ou pas, ce qui est difficile, c’est de le dire et de savoir pourquoi. Souvent, se contenter de 3 niveaux de réussite (super / bof / nul), c’est pratique, mais aussi un petit peu facile, quand même. N’importe qui peut être un expert du super / bof / nul.

(JKL)

Je ne prétends pas encore avoir de méthode perso pour faire mieux non plus, je vais bêtement prendre un résumé que je trouve judicieux, issu de mes cours (qui fait la part belle à la qualité du scénario). Et faire un vague délire sur les étoiles. J’ai ajouté à la liste de films quelques-uns de ceux qui ont marqué ma maigre expérience.

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 Supernova 
 Etoile du Berger 
 Lumière vive 
 Ampoule basse tension 
 Feux de détresse

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