mardi 11 février 2014

Artips / Un Bar aux Folies Bergère


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Artips : une dose d’art par jour.




Bonjour,
Aujourd'hui, "La double vie de Suzon".
Où l'on s'intéresse à Suzon, une serveuse des Folies Bergère.
 
Un bar aux Folies Bergère (1881-1882) d'Edouard Manet,
huile sur toile, 96×130cm, Courtauld Institute of Art


Dans un bar aux Folies Bergère, une jeune femme s’appuie au comptoir. 
Le regard rêveur, Suzon, la serveuse du café-concert, semble bien seule. 
Le comptoir l’isole dans son travail tandis que le reflet du miroir donne à voir des femmes élégantes mais surtout des hommes en hauts-de-forme admirant des acrobates sur des trapèzes. 

L’air mélancolique, Suzon semble divaguer. Mais le miroir indique une toute autre réalité. Un des hauts-de-forme émerge du coin du tableau et s’approche du reflet de Suzon. Elle se penche et il semble lui demander quelque chose de secret. Leur proximité est étouffante. Que souhaite donc cet homme ? 

Manet le suggère en disposant sur le bar des indices. Comme les belles oranges ou l’alcool, Suzon serait-elle à vendre ? 
La tête blonde de la serveuse, sa silhouette sinueuse et sa veste noire l’assimilent en tout cas aux bouteilles de champagne disposées près d’elle. 
Plus encore, la dentelle de sa robe évoque la mousse légère du doux breuvage et le carré de son décolleté rappelle l’étiquette qui orne chacune des bouteilles. 
Telles ces bouteilles casquées de papier doré, Suzon est donc un bel objet que l’on s’empresserait d’effeuiller... 

Pris d’un soudain malaise, le spectateur face à ce miroir cherche en vain à se positionner. Est-il cet homme au chapeau? Que veut-il obtenir de Suzon ? Il ne peut s’empêcher de tomber dans le piège que Manet a tissé. Le client et lui ne font plus qu'un et chacun est responsable du sort de Suzon. 

Manet nous offre cependant une échappatoire en décalant légèrement dans le miroir le reflet de la jeune femme. On verrait presque deux Suzon. L’une se pliant à la demande du client, l’autre s’échappant dans une sphère supérieure, loin des contraintes de la vie sociale. Et cet ailleurs vers lequel Suzon s’échappe et auquel Manet nous donne accès, c’est dans ses yeux finalement qu’on le voit le mieux.

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...