dimanche 30 juin 2013

Jeanne d'Arc (1) : ça commence mal...


Joan of Arc - Jules Bastien-Lepage (1879)
Nous la connaissons tous un peu. C’est la fille (elle avait dix-sept ans, dix-neuf quand elle monta sur le bûcher) qui a bouté l’Anglois hors de France. On le sait parce qu’on l’apprend à l’école, et parce que, depuis la Révolution, elle est un support de la propagande républicaine, grâce à ses caractères de pureté et de résistance pugnace.

Jeanne naît de Jacques d’Arc et d’Isabelle Romée le 6 janvier 1412, à Domrémy, entre Champagne et Lorraine. C’est une petite fille travailleuse sur la ferme de son père, et très pieuse. Si vous observez la carte ci-dessus et que vous y cherchez Domrémy, vous comprendrez que chez elle, la situation politique est très compliquée. La petite Jeanne est une enfant intelligente et réfléchie, et les malheurs de son pays la touche profondément.

lundi 24 juin 2013

Cuisine à la fleur de Sureau



Chez nous, c’est le temps des Sureaux, de leurs fleurs douces et sucrées, au parfum aussi subtil qu’une eau de Rose ou de fleur d’Oranger. Ces fleurs sont comestibles, et tout à fait délicieuses. On les cueille toutes belles, toutes fraîches, et on peut confectionner, avec leur aide, des desserts fabuleux. En voici deux.

Dans les deux cas, les fleurs de Sureau peuvent être remplacées par des fleurs d’Acacia (le vrai, pas le Robinier, qui est toxique !), mais honnêtement, il est difficile d’en trouver ailleurs que sous les tropiques.

mercredi 19 juin 2013

FEMEN

"Au commencement était le corps, la sensation qu’a la femme de son propre corps, la joie de sa légèreté et de sa liberté. Ensuite vint l’injustice, si aiguë qu’on la sent avec le corps ; elle le prive de sa mobilité, paralyse ses mouvements, et voilà que tu es son otage. Puis tu pousses ton corps au combat contre l’injustice, en mobilisant chaque cellule pour la guerre contre le monde du patriarcat et de l’humiliation. Tu dis au monde :

  

Notre dieu est femme !  


Notre mission est la protestation !
 


Notre arme est le sein nu !
 

Ici naît FEMEN, ainsi commence le sextrémisme.

mardi 18 juin 2013

Chicorée et ses 120 petits


Comme pas mal de petites filles, Chicorée joue au papa et à la maman. Enfin, surtout à la maman, elle n’a mis en place aucune manifestation d’une quelconque paternité dans ses jeux. Elle explique qu’il n’y a pas de papa simplement parce qu’elle préfère jouer seule. Les garçons de sa classe ne jouent pas bien au papa, dit-elle. No comment.

Ma fille m’a expliqué qu’elle avait 120 minous.

En grande amatrice de Ponti, je crois comprendre de quoi il retourne.

(Pétronille et ses 120 petits, par Claude Ponti)

Minou, c'est son doudou, qui est aussi son enfant, donc.

120, c’est beaucoup, quand même, je lui dis.

Elle confirme, en ajoutant qu’elle doit donner 120 biberons.

Je corrige en précisant que ça, ce n’est que le matin, qu’il faut aussi, au minimum, en donner 120 à midi, 120 au goûter, et 120 le soir. Je calcule (!) alors la quantité d’eau nécessaire pour la confection de ces biberons, mais elle m’arrête : en fait, elle allaite, la question ne se pose pas.

Devant sa mère un peu pantoise, là, elle explique que, c’est vrai, c’est beaucoup, mais pas si difficile, puisqu’elle a 120 bras.

Je prie, je prie pour que ce soit, plus tard, plus facile à vivre dans sa tête que dans la mienne. 

dimanche 16 juin 2013

Mon cœur...

… mais aussi le tien, cher lecteur, chère lectrice, est une sorte de bijou. Il est souvent décrit comme une pompe, mais il faudrait plutôt le qualifier de moteur.

Il n’est pas plaqué d’or, mais fait de bon muscle bien vivant, la viande étant particulièrement épaisse à sa base. Le muscle strié qui le constitue, le myocarde, est tapissé à l’intérieur d’une membrane appelée endocarde, et à l’extérieur d’une autre nommée péricarde. Le tout est robuste, élastique et creux, automatique, indépendant, intétanisable, excitable, contractile et conducteur (les cellules de mon cœur sont aptes à transmettre l’excitation).


mardi 4 juin 2013

Pourquoi j'ai mangé mon père - Roy Lewis


 
C’est le titre d’un bouquin drôlissime, édité en 1960 (sous le titre Evolution man, puis 30 ans plus tard pour son édition française, chez Acte Sud) qui a étrangement fondé ma vision de l’Homme. On lui trouvera des défauts et approximations, mais il faudra aussi lui reconnaître une valeur ethnologique. Il a été écrit par un sociologue, Roy Lewis, soucieux d’expliquer comment on en est arrivés là. Il a été traduit en français par Rita Barisse et Vercors, l'illustrateur des Filifers et Patapoufs de Maurois (et qui signe la préface).

Le personnage principal (Ernest), celui qui va manger son père, est un hominidé angoissé et individualiste du pléistocène (vers la fin). Il a pour géniteur un autre hominidé (Édouard, dont le leitmotiv est « Les possibilités sont prodigieuses ! ») qui s’est mis en tête d’élever l’espèce simiesque en la rendant humaine par divers stratagèmes : le feu, l’alimentation carnivore et la vie sédentaire. Donc la chasse, la taille de pierre, la « technologie », la station verticale et le refus de l’obscurantisme, idée portée par le frère du père, l’oncle Vania, qui hurle à qui veut l’entendre « back to the trees ! », arriéré qu’il est. Entre l’oncle arriéré et le père moderniste, le héros ne veut qu’une chose : son confort.

On imagine que le père, juste avant d’être découpé, regrette un peu d’avoir appris à ses mômes à manger de la viande.

Extrait. Le père vient de réduire en cendres une partie de l’Afrique, incendie qu’il n’a pu éteindre qu’en inventant rapidement le contre-feu. Fratrie et père se pose au coin d’un nouveau brasier, avec leurs tendres épouses, dans leur caverne familiale, appréhendant un long voyage avec les jambes brûlées…

- Et voilà ! dit père fièrement quand ils eurent allumé un nouveau feu. On a payé ça cher, peut-être, mais vous voyez, toute peine à son salaire. Du feu où et quand vous voulez, sans plus de mal que de presser sur un interrupteur ! Voilà une petite trouvaille qui n’aura pas sa pareille de longtemps.